Dénombrer, c'est compter les éléments d'un ensemble fini sans les énumérer un par un, en le découpant, en le mettant en bijection avec un ensemble connu ou en le comptant de deux façons. Ces techniques servent en probabilités, en algèbre (formule du binôme, polynômes) et en informatique (complexité, structures de données).
Exercice 1 · Multiples dans un intervalle d'entiers
application●●●
Cardinal d'un intervalle d'entiersBijection avec un ensemble connuFormule de la réunionPassage au complémentaire
Déterminer le cardinal de $\llbracket 37,215\rrbracket$.
Dans $E=\llbracket 1,1000\rrbracket$, on note $A$ l'ensemble des multiples de $4$ et $B$ l'ensemble des multiples de $6$. Calculer $\operatorname{Card}A$, $\operatorname{Card}B$ et $\operatorname{Card}(A\cap B)$.
Combien d'entiers de $E$ sont divisibles par $4$ ou par $6$ ? Combien ne sont divisibles ni par $4$ ni par $6$ ?
Pour $a\le b$, $\operatorname{Card}\llbracket a,b\rrbracket=b-a+1$. Ici $215-37+1=179$.
L'application $k\mapsto 4k$ est une bijection de $\llbracket 1,250\rrbracket$ sur $A$, car $1\le 4k\le 1000\iff 1\le k\le 250$. Donc $\operatorname{Card}A=250$.
De même, $1\le 6k\le 1000\iff 1\le k\le 166$, puisque $6\times166=996\le1000<1002=6\times167$. Donc $\operatorname{Card}B=166$.
Un entier est multiple de $4$ et de $6$ si et seulement s'il est multiple de $\operatorname{ppcm}(4,6)=12$. Comme $12\times83=996\le1000<1008=12\times84$, on obtient $\operatorname{Card}(A\cap B)=83$.
Par la formule de la réunion :
$$\operatorname{Card}(A\cup B)=\operatorname{Card}A+\operatorname{Card}B-\operatorname{Card}(A\cap B)=250+166-83=333.$$
Les entiers divisibles ni par $4$ ni par $6$ forment $E\setminus(A\cup B)$, de cardinal $1000-333=667$.
Résultat :
$179$ ; $250$, $166$, $83$ ; $333$ et $667$
Exercice 2 · Applications et injections entre deux petits ensembles
application●●●
Nombre d'applicationsNombre d'injectionsPrincipe des tiroirsNombre de parties
Soient $E$ un ensemble à $4$ éléments et $F$ un ensemble à $6$ éléments.
Combien y a-t-il d'applications de $E$ dans $F$ ? de $F$ dans $E$ ?
Combien y a-t-il d'injections de $E$ dans $F$ ? d'applications de $E$ dans $F$ non injectives ?
Existe-t-il des injections de $F$ dans $E$ ? des surjections de $E$ sur $F$ ?
Combien y a-t-il de bijections de $E$ sur $E$ ? de parties de $F$ ? de parties de $F$ à $4$ éléments ?
Le nombre d'applications de $E$ dans $F$ est $(\operatorname{Card}F)^{\operatorname{Card}E}=6^4=1296$. Dans l'autre sens : $4^6=4096$.
En numérotant $E=\{x_1,x_2,x_3,x_4\}$, l'application $f\mapsto(f(x_1),\dots,f(x_4))$ envoie les injections exactement sur les $4$-listes d'éléments distincts de $F$ : il y en a $6\times5\times4\times3=\frac{6!}{2!}=360$. Les applications non injectives forment le complémentaire des injections dans $F^E$ : $1296-360=936$.
Comme $\operatorname{Card}F=6>4=\operatorname{Card}E$, aucune application de $F$ dans $E$ n'est injective (principe des tiroirs). Si $f:E\to F$ était surjective, on aurait $\operatorname{Card}F\le\operatorname{Card}E$, soit $6\le4$, ce qui est faux : il n'existe aucune surjection de $E$ sur $F$.
Les bijections de $E$ sur $E$ sont au nombre de $4!=24$. $F$ possède $2^6=64$ parties, dont $\binom{6}{4}=\binom{6}{2}=15$ à $4$ éléments.
Modéliser par des $p$-listesListes d'éléments distinctsPassage au complémentaire
On utilise l'alphabet usuel de $26$ lettres, dont $6$ voyelles (A, E, I, O, U, Y) et $20$ consonnes. Un mot est une suite quelconque de lettres, sans souci de sens.
Combien y a-t-il de mots de $5$ lettres ?
Combien de mots de $5$ lettres ont leurs lettres deux à deux distinctes ?
Combien de mots de $5$ lettres comportent au moins une lettre répétée ?
Combien de mots de $5$ lettres contiennent au moins une voyelle ?
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Exercice 5 · Anagrammes de BARBARA
entrainement●●●
Choix successifs de positionsBijection avec un ensemble plus simpleLemme des bergers
On appelle anagramme de BARBARA tout mot de $7$ lettres formé exactement avec les lettres de BARBARA (trois A, deux B, deux R), qu'il ait un sens ou non.
Combien BARBARA a-t-il d'anagrammes ?
Combien d'anagrammes ont leurs trois A consécutifs ?
Combien d'anagrammes ne contiennent jamais deux A côte à côte ?
Une anagramme est déterminée par l'ensemble des positions des A (partie à $3$ éléments de $\llbracket1,7\rrbracket$), puis par l'ensemble des positions des B parmi les $4$ positions restantes ; les R occupent les $2$ dernières. Le nombre de choix pour les B ne dépend pas des positions des A, d'où
$$\binom{7}{3}\binom{4}{2}=35\times6=210.$$
Contrôle par le lemme des bergers : $\frac{7!}{3!\,2!\,2!}=\frac{5040}{24}=210$.
Si les trois A sont consécutifs, ils occupent les positions $i,i+1,i+2$ pour un unique $i\in\llbracket1,5\rrbracket$. En remplaçant ce bloc par un symbole $\square$, on obtient une bijection vers les mots de $5$ symboles formés de $\square$, de deux B et de deux R (l'opération inverse remplace $\square$ par AAA). Ces mots sont déterminés par la position de $\square$ ($5$ choix) puis par celles des B parmi les $4$ restantes ($\binom42=6$ choix) : il y en a $5\times6=30$.
On écrit d'abord le mot formé des $4$ lettres autres que A (deux B, deux R) : $\binom42=6$ possibilités. Ce mot délimite $5$ emplacements : avant la première lettre, entre deux lettres consécutives ($3$ emplacements), après la dernière. Une anagramme sans deux A adjacents s'obtient en mettant les trois A dans $3$ emplacements distincts, un A par emplacement. Réciproquement, une telle anagramme détermine le mot en B et R (on efface les A) et les $3$ emplacements utilisés, puisque deux A ne sont jamais voisins. C'est une bijection, d'où $6\times\binom53=6\times10=60$ anagrammes.
Résultat :
$210$ ; $30$ ; $60$
Exercice 6 · Chemins évitant des points
entrainement●●●
Chemins dans un quadrillageBijection avec un produit cartésienFormule de la réunion
Un chemin est une suite de pas $(1,0)$ (vers la droite) ou $(0,1)$ (vers le haut). On considère les chemins de $O=(0,0)$ à $M=(6,4)$, et les points $P=(2,2)$ et $Q=(4,3)$.
Combien y a-t-il de chemins de $O$ à $M$ ?
Combien passent par $P$ ? par $Q$ ? par $P$ et par $Q$ ?
Combien passent par $P$ ou par $Q$ ? Combien ne passent ni par $P$ ni par $Q$ ?
Un chemin de $(0,0)$ à $(a,b)$ compte $a+b$ pas dont $a$ vers la droite ; il est déterminé par l'ensemble des rangs des pas vers la droite, partie à $a$ éléments de $\llbracket1,a+b\rrbracket$. Il y a donc $\binom{a+b}{a}$ tels chemins, et ce nombre ne dépend que du déplacement $(a,b)$, pas du point de départ. De $O$ à $M$ : $\binom{10}{6}=\binom{10}{4}=210$.
Un chemin passant par $P$ se coupe de façon unique en un chemin de $O$ à $P$ suivi d'un chemin de $P$ à $M$, et tout tel couple donne un chemin passant par $P$ : c'est une bijection avec un produit cartésien. De $O$ à $P$ : $\binom42=6$ ; de $P$ à $M$ (déplacement $(4,2)$) : $\binom64=15$. Il y a donc $6\times15=90$ chemins par $P$.
De même, de $O$ à $Q$ : $\binom74=35$ ; de $Q$ à $M$ (déplacement $(2,1)$) : $\binom32=3$. Il y a $35\times3=105$ chemins par $Q$.
Les coordonnées croissent le long d'un chemin et $P$ a des coordonnées inférieures à celles de $Q$ : un chemin passant par $P$ et $Q$ passe d'abord par $P$. Il se découpe en trois morceaux : $O\to P$ ($6$), $P\to Q$ (déplacement $(2,1)$, $3$ chemins), $Q\to M$ ($3$). Il y en a $6\times3\times3=54$.
En notant $\mathcal C_P$ et $\mathcal C_Q$ les ensembles de chemins passant par $P$ et par $Q$ :
$$\operatorname{Card}(\mathcal C_P\cup\mathcal C_Q)=90+105-54=141.$$
Les chemins ne passant ni par $P$ ni par $Q$ sont au nombre de $210-141=69$.
Résultat :
$210$ ; $90$, $105$, $54$ ; $141$ et $69$
Exercice 7 · Parties emboîtées
entrainement●●●
Double comptageCalcul sur les coefficients binomiauxChangement d'indice dans une somme
Soit $E$ un ensemble à $n$ éléments et $j,k$ des entiers tels que $0\le j\le k\le n$.
En dénombrant de deux façons l'ensemble
$$X=\{(B,A)\in\mathcal P(E)^2\mid B\subset A,\ \operatorname{Card}B=j,\ \operatorname{Card}A=k\},$$
démontrer que
$$\binom{n}{k}\binom{k}{j}=\binom{n}{j}\binom{n-j}{k-j}.$$
Retrouver cette égalité par le calcul avec les factorielles.
En déduire, pour $0\le j\le n$ :
$$\sum_{k=j}^n\binom{n}{k}\binom{k}{j}=\binom{n}{j}2^{n-j}.$$
Premier comptage : on choisit d'abord $A\in\mathcal P_k(E)$ ($\binom nk$ choix), puis $B\in\mathcal P_j(A)$ ($\binom kj$ choix, puisque $\operatorname{Card}A=k$). Le nombre de choix de $B$ ne dépend pas de $A$, donc $\operatorname{Card}X=\binom nk\binom kj$.
Second comptage : on choisit d'abord $B\in\mathcal P_j(E)$ ($\binom nj$ choix). Une partie $A$ à $k$ éléments contenant $B$ s'écrit de façon unique $A=B\cup C$ avec $C=A\setminus B\in\mathcal P_{k-j}(E\setminus B)$. Réciproquement, toute telle partie $C$ fournit une partie $A=B\cup C$ convenable (réunion disjointe de cardinal $j+(k-j)=k$). Comme $\operatorname{Card}(E\setminus B)=n-j$, il y a $\binom{n-j}{k-j}$ choix de $C$. Donc $\operatorname{Card}X=\binom nj\binom{n-j}{k-j}$.
Les deux expressions valent $\operatorname{Card}X$ : elles sont égales.
On a
$$\binom nk\binom kj=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}\cdot\frac{k!}{j!\,(k-j)!}=\frac{n!}{j!\,(k-j)!\,(n-k)!}$$
et, comme $(n-j)-(k-j)=n-k$,
$$\binom nj\binom{n-j}{k-j}=\frac{n!}{j!\,(n-j)!}\cdot\frac{(n-j)!}{(k-j)!\,(n-k)!}=\frac{n!}{j!\,(k-j)!\,(n-k)!}.$$
On somme l'égalité de la question 1 pour $k\in\llbracket j,n\rrbracket$, puis on pose $i=k-j$ :
$$\sum_{k=j}^n\binom nk\binom kj=\binom nj\sum_{k=j}^n\binom{n-j}{k-j}=\binom nj\sum_{i=0}^{n-j}\binom{n-j}{i}=\binom nj2^{n-j},$$
en utilisant $\sum_{i=0}^m\binom mi=2^m$.
Interprétation : on compte les couples $(B,A)$ avec $B\subset A\subset E$ et $\operatorname{Card}B=j$, sans contrainte sur le cardinal de $A$ ; une fois $B$ choisi, $A\setminus B$ est une partie quelconque de $E\setminus B$.
Pour $n=4$, $j=2$ : $\binom42\binom22+\binom43\binom32+\binom44\binom42=6+12+6=24$, et $\binom42\times2^2=24$.
Résultat :
$\sum_{k=j}^n\binom nk\binom kj=\binom nj2^{n-j}$ ; $24$ pour $n=4$, $j=2$
Exercice 8 · Répartition en binômes
entrainement●●●
Principe multiplicatifLemme des bergersDécoupage en cas disjointsRécurrence
Soit $n\in\mathbb N^*$. On répartit $2n$ personnes en $n$ binômes (groupes de deux). Deux répartitions sont identiques si elles forment les mêmes binômes : les binômes ne sont pas numérotés.
On numérote d'abord les binômes de $1$ à $n$. Montrer qu'il y a $\frac{(2n)!}{2^n}$ répartitions en binômes numérotés.
En déduire le nombre $a_n$ de répartitions en binômes non numérotés.
Montrer que $a_n=1\times3\times5\times\cdots\times(2n-1)$.
Retrouver ce résultat en établissant directement $a_n=(2n-1)a_{n-1}$ pour $n\ge2$.
De combien de façons peut-on répartir $8$ élèves en $4$ binômes de TP ?
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Exercice 9 · Comité avec président et vice-président
entrainement●●●
Double comptageSommes de coefficients binomiauxSomme classique $\sum k\binom nk$
Soit $n\ge2$ et $E$ un ensemble à $n$ éléments. On note $Y$ l'ensemble des triplets $(A,x,y)$ où $A\subset E$, $x\in A$, $y\in A$ et $x\ne y$ (un comité $A$ muni d'un président $x$ et d'un vice-président $y$).
Dénombrer $Y$ de deux façons et en déduire
$$\sum_{k=0}^nk(k-1)\binom nk=n(n-1)2^{n-2}.$$
En déduire la valeur de $\sum_{k=0}^nk^2\binom nk$.
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Exercice 10 · Injective implique bijective : usage et limites
entrainement●●●
Applications entre ensembles finis de même cardinalContre-exemple en dimension infinieRéindexation par une bijectionLemme d'Euclide
Soit $E$ un ensemble fini et $f,g:E\to E$ deux applications telles que $g\circ f=\mathrm{id}_E$. Montrer que $f$ est bijective, puis que $f\circ g=\mathrm{id}_E$.
Montrer par un exemple que la conclusion tombe en défaut lorsque $E=\mathbb N$.
Pour $x\in\llbracket1,10\rrbracket$, on note $\varphi(x)$ le reste de la division euclidienne de $3x$ par $11$. Montrer que $\varphi$ est une bijection de $\llbracket1,10\rrbracket$ sur lui-même.
En calculant de deux façons $\prod_{x=1}^{10}\varphi(x)$ modulo $11$, en déduire que $3^{10}\equiv1\ [11]$. Vérifier ce résultat directement.
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Exercice 11 · Surjections sur un ensemble à trois éléments
approfondissement●●●
Formule du crible pour trois ensemblesPassage au complémentaireNombre d'applicationsSurjections
Soit $n\in\mathbb N^*$, $E=\llbracket1,n\rrbracket$ et $F=\{a,b,c\}$ un ensemble à trois éléments.
Démontrer, à partir de la formule $|A\cup B|=|A|+|B|-|A\cap B|$, que pour trois ensembles finis $A$, $B$, $C$ :
$$|A\cup B\cup C|=|A|+|B|+|C|-|A\cap B|-|A\cap C|-|B\cap C|+|A\cap B\cap C|.$$
Pour $t\in F$, on note $N_t$ l'ensemble des applications de $E$ dans $F$ qui ne prennent pas la valeur $t$. Calculer $\operatorname{Card}N_a$, $\operatorname{Card}(N_a\cap N_b)$ et $\operatorname{Card}(N_a\cap N_b\cap N_c)$.
En déduire le nombre $s_n$ de surjections de $E$ sur $F$.
Calculer $s_3$, $s_4$ et $s_5$. Interpréter la valeur de $s_3$ et vérifier que $s_1=s_2=0$.
On applique la formule à $A\cup B$ et $C$ :
$$|A\cup B\cup C|=|A\cup B|+|C|-|(A\cup B)\cap C|.$$
Par distributivité, $(A\cup B)\cap C=(A\cap C)\cup(B\cap C)$, et $(A\cap C)\cap(B\cap C)=A\cap B\cap C$, donc
$$|(A\cup B)\cap C|=|A\cap C|+|B\cap C|-|A\cap B\cap C|.$$
En remplaçant aussi $|A\cup B|=|A|+|B|-|A\cap B|$, on obtient la formule annoncée.
$N_a$ est l'ensemble des applications de $E$ dans $\{b,c\}$ : $\operatorname{Card}N_a=2^n$. L'ensemble $N_a\cap N_b$ est celui des applications de $E$ dans $\{c\}$, réduit à l'application constante égale à $c$ : il a $1$ élément. Une application de $N_a\cap N_b\cap N_c$ ne prendrait aucune valeur, ce qui est impossible car $E\ne\varnothing$ : cet ensemble est vide. Par symétrie des rôles, chacun des trois $N_t$ a $2^n$ éléments et chacune des trois intersections deux à deux a $1$ élément.
Une application $f:E\to F$ n'est pas surjective si et seulement s'il existe $t\in F$ non atteint, c'est-à-dire si et seulement si $f\in N_a\cup N_b\cup N_c$. Par la question 1 :
$$\operatorname{Card}(N_a\cup N_b\cup N_c)=3\times2^n-3\times1+0=3\cdot2^n-3.$$
Par passage au complémentaire dans $F^E$, qui a $3^n$ éléments :
$$s_n=3^n-3\cdot2^n+3.$$
Pour $n=3$, $E$ et $F$ sont finis de même cardinal : les surjections sont exactement les bijections, au nombre de $3!=6$, ce qui est cohérent. Enfin $s_1=3-6+3=0$ et $s_2=9-12+3=0$, conformément au fait qu'une surjection de $E$ sur $F$ impose $\operatorname{Card}F\le\operatorname{Card}E$.
Construction d'une bijectionParties à $k$ élémentsModélisation d'un tirage sans ordre avec répétition
Soient $n,p\in\mathbb N^*$.
Montrer que le nombre d'applications strictement croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$ est $\binom np$.
À une application croissante (au sens large) $f:\llbracket1,p\rrbracket\to\llbracket1,n\rrbracket$, on associe $g:\llbracket1,p\rrbracket\to\mathbb Z$ définie par $g(i)=f(i)+i-1$. Montrer que $f\mapsto g$ est une bijection de l'ensemble des applications croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$ sur l'ensemble des applications strictement croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n+p-1\rrbracket$.
En déduire le nombre d'applications croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$. Contrôler pour $n=p=2$.
On lance trois dés à six faces indiscernables ; un résultat est la donnée des trois valeurs obtenues, sans ordre, avec répétitions possibles. Combien y a-t-il de résultats ? Combien ont trois valeurs distinctes ?
Notons $\mathcal S$ l'ensemble des applications strictement croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$ et $\Psi:\mathcal S\to\mathcal P_p(\llbracket1,n\rrbracket)$, $f\mapsto f(\llbracket1,p\rrbracket)$. Une application strictement croissante est injective, donc son image a $p$ éléments : $\Psi$ est bien définie.
Surjectivité : si $A=\{a_1<\dots<a_p\}$, l'application $i\mapsto a_i$ est strictement croissante d'image $A$.
Injectivité : si $f\in\mathcal S$ a pour image $A=\{a_1<\dots<a_p\}$, les nombres $f(1)<\dots<f(p)$ sont les éléments de $A$ rangés dans l'ordre croissant, donc $f(i)=a_i$ pour tout $i$ : $f$ est déterminée par son image.
Donc $\operatorname{Card}\mathcal S=\binom np$ (ce nombre est nul si $p>n$).
Soit $f$ croissante de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$ et $g(i)=f(i)+i-1$. Pour $1\le i<p$, $g(i+1)-g(i)=f(i+1)-f(i)+1\ge1$ : $g$ est strictement croissante. De plus $g(1)=f(1)\ge1$ et $g(p)=f(p)+p-1\le n+p-1$ ; par croissance, $g$ est à valeurs dans $\llbracket1,n+p-1\rrbracket$.
Réciproquement, soit $g$ strictement croissante de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n+p-1\rrbracket$ et $f(i)=g(i)-i+1$. Les valeurs de $g$ étant entières, $g(i+1)\ge g(i)+1$, d'où $f(i+1)-f(i)=g(i+1)-g(i)-1\ge0$ : $f$ est croissante. De plus $f(1)=g(1)\ge1$ et $f(p)=g(p)-p+1\le n$, donc, par croissance, $f$ est à valeurs dans $\llbracket1,n\rrbracket$.
Les applications $f\mapsto g$ et $g\mapsto f$ sont réciproques l'une de l'autre : c'est une bijection.
Par invariance du cardinal par bijection et par la question 1 appliquée avec $n+p-1$ à la place de $n$, le nombre d'applications croissantes de $\llbracket1,p\rrbracket$ dans $\llbracket1,n\rrbracket$ vaut $\binom{n+p-1}{p}$.
Contrôle pour $n=p=2$ : les applications croissantes sont $(1,1)$, $(1,2)$, $(2,2)$ (en notant $(f(1),f(2))$), soit $3=\binom32$.
Un résultat se code de façon unique par ses trois valeurs rangées dans l'ordre croissant, $f(1)\le f(2)\le f(3)$ : c'est une application croissante de $\llbracket1,3\rrbracket$ dans $\llbracket1,6\rrbracket$, et réciproquement toute telle application code un résultat. Il y a donc $\binom{6+3-1}{3}=\binom83=56$ résultats. Ceux à trois valeurs distinctes correspondent aux applications strictement croissantes : $\binom63=20$.
Résultat :
$\binom np$ ; $\binom{n+p-1}{p}$ ; $56$ et $20$
Exercice 13 · Principe des tiroirs dans un intervalle d'entiers
approfondissement●●●
Principe des tiroirsConstruction d'une application bien choisieDivisibilitéOptimalité par contre-exemple
Soit $n\in\mathbb N^*$ et $A$ une partie de $\llbracket1,2n\rrbracket$ à $n+1$ éléments.
Montrer que $A$ contient deux entiers consécutifs. En déduire que $A$ contient deux entiers distincts premiers entre eux.
On admet que tout entier $a\ge1$ s'écrit de façon unique $a=2^km$ avec $k\in\mathbb N$ et $m$ impair. En considérant l'application $a\mapsto m$, montrer que $A$ contient deux entiers distincts dont l'un divise l'autre.
Montrer qu'aucune des deux conclusions n'est garantie pour une partie à $n$ éléments de $\llbracket1,2n\rrbracket$.
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Exercice 14 · Couples de parties (type CCINP)
examen●●●
Bijection avec un ensemble d'applicationsFonctions indicatricesDouble comptageFormule du binômeInterversion de sommes finies
Soit $n\in\mathbb N^*$ et $E$ un ensemble à $n$ éléments.
Combien y a-t-il de couples $(A,B)\in\mathcal P(E)^2$ ?
On note $\mathcal I=\{(A,B)\in\mathcal P(E)^2\mid A\subset B\}$. Pour $(A,B)\in\mathcal I$, on pose $\varphi_{A,B}=\mathbf 1_A+\mathbf 1_B$. Montrer que $(A,B)\mapsto\varphi_{A,B}$ est une bijection de $\mathcal I$ sur $\{0,1,2\}^E$ et en déduire $\operatorname{Card}\mathcal I$.
Calculer $\operatorname{Card}\mathcal I$ d'une seconde façon en regroupant selon le cardinal de $B$, et vérifier la concordance à l'aide de la formule du binôme.
En déduire, par des bijections simples, le nombre de couples $(A,B)$ tels que $A\cap B=\varnothing$, puis le nombre de couples tels que $A\cup B=E$.
On pose $S=\sum_{(A,B)\in\mathcal P(E)^2}\operatorname{Card}(A\cap B)$. En écrivant $\operatorname{Card}(A\cap B)=\sum_{x\in E}\mathbf 1_A(x)\mathbf 1_B(x)$, montrer que $S=n4^{n-1}$.
En déduire $T=\sum_{(A,B)\in\mathcal P(E)^2}\operatorname{Card}(A\cup B)$. Vérifier les valeurs de $S$ et $T$ pour $n=1$.
Soit $(A,B)\in\mathcal I$ et $x\in E$. Comme $A\subset B$ : si $x\in A$, $\varphi_{A,B}(x)=2$ ; si $x\in B\setminus A$, $\varphi_{A,B}(x)=1$ ; si $x\notin B$, $\varphi_{A,B}(x)=0$. Donc $\varphi_{A,B}\in\{0,1,2\}^E$ et
$$A=\varphi_{A,B}^{-1}(\{2\}),\qquad B=\varphi_{A,B}^{-1}(\{1,2\}).$$
Injectivité : ces formules montrent que $(A,B)$ est déterminé par $\varphi_{A,B}$.
Surjectivité : pour $h\in\{0,1,2\}^E$, on pose $A=h^{-1}(\{2\})$ et $B=h^{-1}(\{1,2\})$. Alors $A\subset B$, et pour tout $x$, $\mathbf 1_A(x)+\mathbf 1_B(x)$ vaut $2$ si $h(x)=2$, $1$ si $h(x)=1$, $0$ si $h(x)=0$ : c'est $h(x)$. Donc $\varphi_{A,B}=h$.
Ainsi $\operatorname{Card}\mathcal I=\operatorname{Card}\{0,1,2\}^E=3^n$.
On découpe $\mathcal I$ selon $k=\operatorname{Card}B\in\llbracket0,n\rrbracket$ (cas disjoints et exhaustifs). Il y a $\binom nk$ parties $B$ à $k$ éléments, et pour chacune, $A$ est une partie quelconque de $B$ : $2^k$ choix. D'où
$$\operatorname{Card}\mathcal I=\sum_{k=0}^n\binom nk2^k.$$
La formule du binôme donne $\sum_{k=0}^n\binom nk2^k1^{n-k}=(2+1)^n=3^n$ : les deux comptages concordent.
Pour $A,B\subset E$ : $A\cap B=\varnothing\iff A\subset E\setminus B$. L'application $(A,B)\mapsto(A,E\setminus B)$ est une bijection de $\mathcal P(E)^2$ sur lui-même (elle est sa propre réciproque), qui envoie l'ensemble des couples de parties disjointes exactement sur $\mathcal I$. Il y a donc $3^n$ couples $(A,B)$ avec $A\cap B=\varnothing$.
De même, $A\cup B=E\iff(E\setminus A)\cap(E\setminus B)=\varnothing$, et $(A,B)\mapsto(E\setminus A,E\setminus B)$ est une bijection involutive de $\mathcal P(E)^2$ qui envoie les couples vérifiant $A\cup B=E$ exactement sur les couples de parties disjointes : il y en a $3^n$.
On intervertit les sommes finies :
$$S=\sum_{(A,B)}\sum_{x\in E}\mathbf 1_A(x)\mathbf 1_B(x)=\sum_{x\in E}\operatorname{Card}\{(A,B)\in\mathcal P(E)^2\mid x\in A\text{ et }x\in B\}.$$
Pour $x$ fixé, une partie contenant $x$ s'écrit de façon unique $\{x\}\cup A'$ avec $A'\subset E\setminus\{x\}$ : il y en a $2^{n-1}$. Le nombre de couples $(A,B)$ avec $x\in A\cap B$ vaut donc $2^{n-1}\times2^{n-1}=4^{n-1}$, et $S=n4^{n-1}$.
Avec $\operatorname{Card}(A\cup B)=\operatorname{Card}A+\operatorname{Card}B-\operatorname{Card}(A\cap B)$ :
$$T=\sum_{(A,B)}\operatorname{Card}A+\sum_{(A,B)}\operatorname{Card}B-S.$$
Or, $B$ décrivant librement $\mathcal P(E)$, $\sum_{(A,B)}\operatorname{Card}A=2^n\sum_{A\subset E}\operatorname{Card}A=2^n\sum_{k=0}^nk\binom nk=2^n\cdot n2^{n-1}=2n4^{n-1}$ ; de même pour la somme des $\operatorname{Card}B$. Donc
$$T=2n4^{n-1}+2n4^{n-1}-n4^{n-1}=3n4^{n-1}.$$
Pour $n=1$, $E=\{x\}$, les $4$ couples sont $(\varnothing,\varnothing)$, $(\varnothing,E)$, $(E,\varnothing)$, $(E,E)$. Les cardinaux des intersections valent $0,0,0,1$ : $S=1=1\times4^0$. Ceux des réunions valent $0,1,1,1$ : $T=3=3\times1\times4^0$.
Exercice 15 · Parties sans entiers consécutifs et suite de Fibonacci (type CCINP)
examen●●●
Découpage en cas disjointsRécurrence doubleConstruction d'une bijectionIdentité combinatoire
Pour $n\in\mathbb N$, on note $\llbracket1,n\rrbracket$ l'ensemble des entiers de $1$ à $n$ (vide si $n=0$). Une partie de $\llbracket1,n\rrbracket$ est dite creuse si elle ne contient pas deux entiers consécutifs. On note $u_n$ le nombre de parties creuses de $\llbracket1,n\rrbracket$ et, pour $k\in\mathbb N$, $c_{n,k}$ le nombre de parties creuses à $k$ éléments. La suite de Fibonacci est définie par $F_0=0$, $F_1=1$ et $F_{m+2}=F_{m+1}+F_m$.
Calculer $u_0$, $u_1$, $u_2$, $u_3$.
Montrer que $u_{n+2}=u_{n+1}+u_n$ pour tout $n\in\mathbb N$.
En déduire que $u_n=F_{n+2}$, puis calculer $u_{10}$.
Soit $n\ge1$ et $k\in\llbracket1,n\rrbracket$. À une partie creuse $A=\{a_1<\dots<a_k\}$ de $\llbracket1,n\rrbracket$, on associe $\psi(A)=\{a_i-(i-1)\mid i\in\llbracket1,k\rrbracket\}$. Montrer que $\psi$ est une bijection de l'ensemble des parties creuses à $k$ éléments sur $\mathcal P_k(\llbracket1,n-k+1\rrbracket)$. En déduire $c_{n,k}$.
En déduire que, pour $n\ge1$, $F_{n+2}=\sum_{k=0}^n\binom{n-k+1}{k}$, et contrôler pour $n=4$.
De combien de façons peut-on choisir $3$ jours de garde parmi $10$ jours consécutifs, sans jamais deux jours de garde consécutifs ?
$\llbracket1,0\rrbracket=\varnothing$ n'a que la partie $\varnothing$, qui est creuse : $u_0=1$. Pour $n=1$ : $\varnothing$ et $\{1\}$, donc $u_1=2$. Pour $n=2$ : $\varnothing$, $\{1\}$, $\{2\}$ (la partie $\{1,2\}$ est exclue), donc $u_2=3$. Pour $n=3$ : $\varnothing$, $\{1\}$, $\{2\}$, $\{3\}$, $\{1,3\}$, donc $u_3=5$.
Soit $n\in\mathbb N$ et $\mathcal C_m$ l'ensemble des parties creuses de $\llbracket1,m\rrbracket$. On partage $\mathcal C_{n+2}$ en deux parties disjointes.
Les parties creuses ne contenant pas $n+2$ sont exactement les parties creuses de $\llbracket1,n+1\rrbracket$ : il y en a $u_{n+1}$.
Si $A\in\mathcal C_{n+2}$ contient $n+2$, elle ne contient pas $n+1$, donc $A\setminus\{n+2\}$ est une partie creuse de $\llbracket1,n\rrbracket$. Réciproquement, si $B\in\mathcal C_n$, alors $B\cup\{n+2\}$ est creuse, car les éléments de $B$ sont au plus égaux à $n$, donc aucun ne vaut $n+1$. Les applications $A\mapsto A\setminus\{n+2\}$ et $B\mapsto B\cup\{n+2\}$ sont réciproques l'une de l'autre : il y a $u_n$ telles parties.
Le principe additif donne $u_{n+2}=u_{n+1}+u_n$.
On montre par récurrence double que $u_n=F_{n+2}$. Initialisation : $F_2=1=u_0$ et $F_3=2=u_1$. Hérédité : si $u_n=F_{n+2}$ et $u_{n+1}=F_{n+3}$, alors $u_{n+2}=F_{n+3}+F_{n+2}=F_{n+4}$.
Les termes $F_0,\dots,F_{12}$ sont $0,1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,89,144$, d'où $u_{10}=F_{12}=144$.
Une partie $A=\{a_1<\dots<a_k\}$ de $\llbracket1,n\rrbracket$ est creuse si et seulement si $a_{i+1}-a_i\ge2$ pour $1\le i<k$. Posons $b_i=a_i-(i-1)$.
On a $b_{i+1}-b_i=a_{i+1}-a_i-1\ge1$, donc $b_1<\dots<b_k$ et $\psi(A)$ a $k$ éléments. De plus $b_1=a_1\ge1$ et $b_k=a_k-k+1\le n-k+1$. Ainsi $\psi(A)\in\mathcal P_k(\llbracket1,n-k+1\rrbracket)$.
Réciproquement, si $B=\{b_1<\dots<b_k\}\subset\llbracket1,n-k+1\rrbracket$, on pose $a_i=b_i+i-1$. Alors $a_{i+1}-a_i=b_{i+1}-b_i+1\ge2$, $a_1=b_1\ge1$ et $a_k=b_k+k-1\le n$ : $\{a_1<\dots<a_k\}$ est une partie creuse à $k$ éléments de $\llbracket1,n\rrbracket$, et son image par $\psi$ est $B$.
Les deux constructions sont réciproques l'une de l'autre : $\psi$ est une bijection et $c_{n,k}=\binom{n-k+1}{k}$ (ce nombre est nul si $k>n-k+1$). Pour $k=0$, seule $\varnothing$ convient : $c_{n,0}=1=\binom{n+1}{0}$.
Les parties creuses de $\llbracket1,n\rrbracket$ se répartissent selon leur cardinal $k\in\llbracket0,n\rrbracket$ (cas disjoints et exhaustifs), d'où
$$F_{n+2}=u_n=\sum_{k=0}^nc_{n,k}=\sum_{k=0}^n\binom{n-k+1}{k}.$$
Contrôle pour $n=4$ : $\binom50+\binom41+\binom32+\binom23+\binom14=1+4+3+0+0=8=F_6$.
En numérotant les jours de $1$ à $10$, un choix convenable est une partie creuse à $3$ éléments de $\llbracket1,10\rrbracket$ : il y en a $c_{10,3}=\binom{8}{3}=56$.
Exercice 16 · Points fixes et dérangements (type Mines-Ponts)
examen●●●
Découpage en cas disjointsDouble comptageConstruction d'une bijection entre ensembles de permutationsRelation de récurrence et télescopage
Pour $n\in\mathbb N^*$, on note $\mathfrak S_n$ l'ensemble des permutations de $\llbracket1,n\rrbracket$. Un point fixe de $\sigma$ est un entier $i$ tel que $\sigma(i)=i$ ; on note $\operatorname{fix}(\sigma)$ leur nombre. Un dérangement est une permutation sans point fixe. On note $d_n$ le nombre de dérangements de $\llbracket1,n\rrbracket$ et on pose $d_0=1$. On admet que, pour tout ensemble fini $F$ à $m$ éléments, le nombre de permutations de $F$ sans point fixe vaut $d_m$ (avec $d_0=1$ si $F=\varnothing$).
Déterminer $d_1$, $d_2$, $d_3$ en listant les dérangements.
Soit $k\in\llbracket0,n\rrbracket$. Montrer que le nombre de permutations de $\llbracket1,n\rrbracket$ ayant exactement $k$ points fixes vaut $\binom nkd_{n-k}$. En déduire $n!=\sum_{k=0}^n\binom nkd_{n-k}$.
Calculer $d_4$ et $d_5$.
En dénombrant de deux façons l'ensemble des couples $(\sigma,i)\in\mathfrak S_n\times\llbracket1,n\rrbracket$ tels que $\sigma(i)=i$, montrer que $\sum_{\sigma\in\mathfrak S_n}\operatorname{fix}(\sigma)=n!$. Interpréter.
Soit $n\ge1$. Pour $j\in\llbracket1,n\rrbracket$, on note $D_j$ l'ensemble des dérangements $\sigma$ de $\llbracket1,n+1\rrbracket$ tels que $\sigma(n+1)=j$.
a) Montrer que les $\sigma\in D_j$ tels que $\sigma(j)=n+1$ sont au nombre de $d_{n-1}$.
b) Montrer que les $\sigma\in D_j$ tels que $\sigma(j)\ne n+1$ sont au nombre de $d_n$. On pourra poser $m=\sigma^{-1}(n+1)$ et définir une permutation $\tau$ de $\llbracket1,n\rrbracket$ par $\tau(m)=j$ et $\tau(i)=\sigma(i)$ pour $i\ne m$.
c) En déduire que $d_{n+1}=n(d_n+d_{n-1})$.
Montrer que $d_n-nd_{n-1}=(-1)^n$ pour $n\ge1$, puis que $d_n=n!\sum_{k=0}^n\frac{(-1)^k}{k!}$ pour tout $n\in\mathbb N$.