Groupes, anneaux et corps sont les cadres communs à des objets déjà rencontrés : nombres, fonctions, permutations, polynômes, matrices. Les reconnaître permet de démontrer une seule fois des règles de calcul valables partout, puis de transporter des résultats d'un ensemble à un autre grâce aux morphismes.
Exercice 1 · Une loi translatée sur $\mathbb Z$
application●●●
Étudier une loi donnée par une formuleDéterminer un neutre et des symétriques
On définit sur $\mathbb Z$ la loi $x\star y=x+y+2$.
Montrer que $\star$ est une loi de composition interne, commutative et associative.
Déterminer l'élément neutre de $\star$.
Montrer que tout $x\in\mathbb Z$ est symétrisable et donner son symétrique.
Conclure sur la structure de $(\mathbb Z,\star)$. Calculer $3\star3\star3$ et le symétrique de $5$.
Pour $x,y\in\mathbb Z$, $x+y+2\in\mathbb Z$ : la loi est interne. Comme $x+y+2=y+x+2$, elle est commutative. Pour $x,y,z\in\mathbb Z$ :
$$(x\star y)\star z=(x+y+2)+z+2=x+y+z+4,\qquad x\star(y\star z)=x+(y+z+2)+2=x+y+z+4.$$
La loi est donc associative.
Si $e$ est neutre, $x\star e=x$ pour tout $x$, soit $x+e+2=x$, d'où $e=-2$. Réciproquement, $x\star(-2)=x-2+2=x$ et, par commutativité, $(-2)\star x=x$. Le neutre est $-2$.
Soit $x\in\mathbb Z$. On a $x\star y=-2\iff x+y+2=-2\iff y=-x-4$. Comme $-x-4\in\mathbb Z$ et que la loi est commutative, $x\star(-x-4)=(-x-4)\star x=-2$. Tout élément est symétrisable, de symétrique $-x-4$.
Les trois axiomes sont vérifiés et la loi est commutative : $(\mathbb Z,\star)$ est un groupe abélien. D'après le calcul de la question 1, $3\star3\star3=3+3+3+4=13$. Le symétrique de $5$ est $-5-4=-9$ ; vérification : $5+(-9)+2=-2$.
Remarque : $\varphi:x\mapsto x+2$ vérifie $\varphi(x\star y)=x+y+4=\varphi(x)+\varphi(y)$ ; c'est un isomorphisme de $(\mathbb Z,\star)$ sur $(\mathbb Z,+)$, ce qui explique tous ces résultats.
Résultat :
Groupe abélien ; neutre $-2$ ; symétrique de $x$ : $-x-4$ ; $3\star3\star3=13$ ; symétrique de $5$ : $-9$
Exercice 2 · Sous-groupes de $(\mathbb C^*,\times)$ ou non
application●●●
Utiliser la caractérisation des sous-groupesProduire un contre-exemple
Pour chacune des parties suivantes de $\mathbb C^*$, dire si c'est un sous-groupe de $(\mathbb C^*,\times)$, en justifiant.
(a) $\frac12\in D$, mais son inverse $2$ vérifie $|2|=2>1$, donc $2\notin D$. La partie $D$ n'est pas stable par passage à l'inverse : ce n'est pas un sous-groupe.
(b) $\mathbb R^*\subset\mathbb C^*$ et $1\in\mathbb R^*$. Pour $x,y\in\mathbb R^*$, $xy^{-1}=x/y$ est un réel non nul. C'est un sous-groupe.
(c) $H\subset\mathbb U\subset\mathbb C^*$ et $1=e^{i\pi\cdot0}\in H$. Pour $q,q'\in\mathbb Q$ :
$$e^{i\pi q}\left(e^{i\pi q'}\right)^{-1}=e^{i\pi(q-q')},$$
avec $q-q'\in\mathbb Q$. C'est un sous-groupe. Autre argument : $H$ est l'image du morphisme $q\mapsto e^{i\pi q}$ de $(\mathbb Q,+)$ dans $(\mathbb C^*,\times)$.
(d) $i\in i\mathbb R^*$, mais $i\times i=-1$ et $-1=iy$ imposerait $y=i\notin\mathbb R$. Donc $-1\notin i\mathbb R^*$ : la partie n'est pas stable par produit, ce n'est pas un sous-groupe (d'ailleurs $1\notin i\mathbb R^*$).
(e) $i\in\mathbb U_4$ et $e^{i\pi/3}\in\mathbb U_6$. Leur produit est $z=e^{5i\pi/6}$. On a $z^4=e^{10i\pi/3}=e^{4i\pi/3}\neq1$ et $z^6=e^{5i\pi}=-1\neq1$. Donc $z\notin\mathbb U_4\cup\mathbb U_6$ : ce n'est pas un sous-groupe.
Conclusion : seules (b) et (c) sont des sous-groupes.
Résultat :
(b) et (c) sont des sous-groupes ; (a), (d), (e) n'en sont pas
Exercice 3 · Deux noyaux, deux images
application●●●
Reconnaître un morphisme de groupesCalculer un noyau et une imageUtiliser le critère d'injectivité
Soit $f:(\mathbb R,+)\to(\mathbb C^*,\times)$, $t\mapsto e^{(1+i)t}$. Montrer que $f$ est un morphisme, déterminer $\mathrm{Ker}\,f$. Le morphisme $f$ est-il injectif ? surjectif ?
Soit $g:(\mathbb Z,+)\to(\mathbb C^*,\times)$, $k\mapsto i^k$. Montrer que $g$ est un morphisme, puis déterminer $\mathrm{Ker}\,g$ et $\mathrm{Im}\,g$.
Pour $s,t\in\mathbb R$, $f(s+t)=e^{(1+i)s+(1+i)t}=e^{(1+i)s}e^{(1+i)t}=f(s)f(t)$ : $f$ est un morphisme de groupes.
On a $f(t)=e^te^{it}$, donc $|f(t)|=e^t$. Si $f(t)=1$, alors $e^t=1$, donc $t=0$. Réciproquement $f(0)=1$. Ainsi $\mathrm{Ker}\,f=\{0\}$ et $f$ est injectif.
$f$ n'est pas surjectif : si $f(t)=-1$, alors $e^t=|-1|=1$, donc $t=0$ et $f(0)=1\neq-1$. Donc $-1\notin\mathrm{Im}\,f$.
Pour $k,l\in\mathbb Z$, $g(k+l)=i^{k+l}=i^ki^l=g(k)g(l)$ par les règles sur les puissances dans le groupe $\mathbb C^*$ : $g$ est un morphisme.
Soit $k\in\mathbb Z$, et $k=4q+r$ sa division euclidienne par $4$, avec $0\leq r\leq3$. Comme $i^4=1$, $i^k=(i^4)^qi^r=i^r$, qui vaut $1$, $i$, $-1$ ou $-i$ selon que $r=0,1,2,3$.
$g(k)=1\iff r=0\iff k\in4\mathbb Z$. Donc $\mathrm{Ker}\,g=4\mathbb Z$.
$\mathrm{Im}\,g=\{1,i,-1,-i\}=\mathbb U_4$.
$g$ n'est ni injectif ($g(4)=g(0)$) ni surjectif sur $\mathbb C^*$.
Résultat :
$\mathrm{Ker}\,f=\{0\}$, $f$ injectif non surjectif ; $\mathrm{Ker}\,g=4\mathbb Z$, $\mathrm{Im}\,g=\mathbb U_4$
Exercice 4 · Sous-anneaux de $\mathcal F(\mathbb R,\mathbb R)$
application●●●
Vérifier les axiomes d'un sous-anneauNe pas oublier la condition $1_A\in B$
Dans l'anneau $A=\mathcal F(\mathbb R,\mathbb R)$ muni des opérations point par point, dire si les parties suivantes sont des sous-anneaux :
(a) l'ensemble $P$ des fonctions paires ;
(b) l'ensemble $I$ des fonctions impaires ;
(c) l'ensemble $Z$ des fonctions $f$ telles que $f(0)=0$ ;
(d) l'ensemble $B$ des fonctions bornées ;
(e) l'ensemble $E$ des fonctions $f$ telles que $f(0)=f(1)$.
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Exercice 5 · Inversibles et diviseurs de zéro dans $\mathbb Z\times\mathbb R$
application●●●
Déterminer le groupe des inversibles d'un anneauReconnaître un anneau non intègre
On admet que $A=\mathbb Z\times\mathbb R$, muni des opérations composante par composante $(a,x)+(b,y)=(a+b,x+y)$ et $(a,x)(b,y)=(ab,xy)$, est un anneau commutatif, de zéro $(0,0)$ et d'unité $(1,1)$.
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Exercice 6 · La loi $\frac{x+y}{1+xy}$ sur $]-1,1[$
entrainement●●●
Montrer qu'une loi est interneTransporter une structure par une bijectionCalculer des puissances via un isomorphisme
On pose $G=]-1,1[$ et, pour $x,y\in G$, $x\star y=\dfrac{x+y}{1+xy}$.
Justifier que $x\star y$ est bien défini, puis établir
$$1-x\star y=\frac{(1-x)(1-y)}{1+xy},\qquad 1+x\star y=\frac{(1+x)(1+y)}{1+xy}.$$
En déduire que $\star$ est une loi interne sur $G$.
Soit $\varphi:G\to\mathbb R_+^*$, $x\mapsto\dfrac{1-x}{1+x}$. Montrer que $\varphi$ est bijective et que $\varphi(x\star y)=\varphi(x)\varphi(y)$.
En déduire que $(G,\star)$ est un groupe abélien ; préciser le neutre et le symétrique de $x$.
Pour $n\in\mathbb N^*$, on note $x^{\star n}=x\star\cdots\star x$ ($n$ termes). Exprimer $x^{\star n}$ en fonction de $x$ et $n$, puis calculer $\left(\tfrac12\right)^{\star3}$.
Pour $x,y\in G$, $|xy|=|x|\,|y|<1$, donc $1+xy>0$ et $x\star y$ est défini. On a $1+xy-(x+y)=(1-x)(1-y)$ et $1+xy+x+y=(1+x)(1+y)$, d'où les deux formules. Comme $1-x,1-y,1+x,1+y,1+xy$ sont strictement positifs, $1-x\star y>0$ et $1+x\star y>0$, soit $-1<x\star y<1$ : la loi est interne sur $G$.
Pour $x\in G$, $1-x>0$ et $1+x>0$, donc $\varphi(x)\in\mathbb R_+^*$. Soit $t>0$. Pour $x\in G$ :
$$\varphi(x)=t\iff1-x=t+tx\iff x=\frac{1-t}{1+t}.$$
Ce réel est dans $G$ car $|1-t|<1+t$ pour $t>0$. Tout $t>0$ a donc un unique antécédent : $\varphi$ est bijective, de réciproque $\psi(t)=\dfrac{1-t}{1+t}$. En divisant les deux égalités de la question 1 :
$$\varphi(x\star y)=\frac{1-x\star y}{1+x\star y}=\frac{(1-x)(1-y)}{(1+x)(1+y)}=\varphi(x)\varphi(y).$$
La commutativité est évidente sur la formule. Associativité : pour $x,y,z\in G$,
$$\varphi((x\star y)\star z)=\varphi(x\star y)\varphi(z)=\varphi(x)\varphi(y)\varphi(z)=\varphi(x)\varphi(y\star z)=\varphi(x\star(y\star z)),$$
et $\varphi$ est injective, donc $(x\star y)\star z=x\star(y\star z)$. Neutre : $0\in G$ et $x\star0=x/1=x$. Symétrique : $-x\in G$ et $x\star(-x)=\dfrac{0}{1-x^2}=0$. Donc $(G,\star)$ est un groupe abélien, de neutre $0$, le symétrique de $x$ étant $-x$. De plus $\varphi$ est un isomorphisme de $(G,\star)$ sur $(\mathbb R_+^*,\times)$.
$\varphi$ étant un morphisme, $\varphi(x^{\star n})=\varphi(x)^n$, donc $x^{\star n}=\psi\left(\left(\frac{1-x}{1+x}\right)^n\right)$. En multipliant numérateur et dénominateur par $(1+x)^n$ :
$$x^{\star n}=\frac{(1+x)^n-(1-x)^n}{(1+x)^n+(1-x)^n}.$$
Pour $x=\frac12$ et $n=3$ : $(1+x)^3=\frac{27}8$ et $(1-x)^3=\frac18$, donc $\left(\tfrac12\right)^{\star3}=\dfrac{26}{28}=\dfrac{13}{14}$.
Vérification directe : $\frac12\star\frac12=\dfrac{1}{5/4}=\dfrac45$, puis $\frac45\star\frac12=\dfrac{13/10}{14/10}=\dfrac{13}{14}$.
Exercice 7 · Intersection et somme de deux sous-groupes de $\mathbb Z$
entrainement●●●
Utiliser la caractérisation des sous-groupesUtiliser la classification des sous-groupes de $\mathbb Z$Démontrer une égalité d'ensembles par double inclusion
Pour $a,b\in\mathbb Z$, montrer que $a\mathbb Z+b\mathbb Z=\{au+bv,\ u,v\in\mathbb Z\}$ et $a\mathbb Z\cap b\mathbb Z$ sont des sous-groupes de $\mathbb Z$.
Montrer que $6\mathbb Z\cap15\mathbb Z=30\mathbb Z$.
Montrer que $6\mathbb Z+15\mathbb Z=3\mathbb Z$.
En déduire l'existence d'entiers $u,v$ tels que $6u+15v=3$, et en donner un couple.
$0=a\cdot0+b\cdot0\in a\mathbb Z+b\mathbb Z$. Pour $x=au+bv$ et $y=au'+bv'$, $x-y=a(u-u')+b(v-v')\in a\mathbb Z+b\mathbb Z$. C'est un sous-groupe de $\mathbb Z$. L'intersection $a\mathbb Z\cap b\mathbb Z$ est une intersection de deux sous-groupes, donc un sous-groupe.
Si $x=30k$, alors $x=6(5k)=15(2k)$ : $30\mathbb Z\subset6\mathbb Z\cap15\mathbb Z$. Réciproquement, soit $x=6k=15m$ avec $k,m\in\mathbb Z$. En divisant par $3$ : $2k=5m$. Alors
$$k=6k-5k=3(2k)-5k=15m-5k=5(3m-k),$$
donc $x=6k=30(3m-k)\in30\mathbb Z$. D'où $6\mathbb Z\cap15\mathbb Z=30\mathbb Z$.
Pour $u,v\in\mathbb Z$, $6u+15v=3(2u+5v)\in3\mathbb Z$ : $6\mathbb Z+15\mathbb Z\subset3\mathbb Z$. Réciproquement, $3=6\times(-2)+15\times1\in6\mathbb Z+15\mathbb Z$, et ce sous-groupe contient donc tous les multiples de $3$ : $3\mathbb Z\subset6\mathbb Z+15\mathbb Z$. D'où l'égalité.
Comme $3\in3\mathbb Z=6\mathbb Z+15\mathbb Z$, il existe $u,v\in\mathbb Z$ avec $6u+15v=3$. Par exemple $(u,v)=(-2,1)$ : $-12+15=3$. On retrouve que $3$ est le PGCD de $6$ et $15$ et $30$ leur PPCM.
Résultat :
$6\mathbb Z\cap15\mathbb Z=30\mathbb Z$ ; $6\mathbb Z+15\mathbb Z=3\mathbb Z$ ; par exemple $(u,v)=(-2,1)$
Exercice 8 · Réunion de deux sous-groupes
entrainement●●●
Raisonner par l'absurdeManipuler les règles de calcul dans un groupe
Soit $(G,\cdot)$ un groupe, $H$ et $K$ deux sous-groupes de $G$.
Montrer que $H\cup K$ est un sous-groupe de $G$ si et seulement si $H\subset K$ ou $K\subset H$.
En déduire qu'un groupe n'est jamais la réunion de deux sous-groupes distincts de lui-même.
Dans $(\mathbb C^*,\times)$, $\mathbb U_2\cup\mathbb U_4$ est-il un sous-groupe ? Et $\mathbb U_2\cup\mathbb U_3$ ?
Si $H\subset K$, alors $H\cup K=K$, qui est un sous-groupe ; de même si $K\subset H$.
Réciproquement, supposons que $H\cup K$ est un sous-groupe et, par l'absurde, que $H\not\subset K$ et $K\not\subset H$. Il existe $h\in H$ avec $h\notin K$, et $k\in K$ avec $k\notin H$. Comme $h,k\in H\cup K$, qui est un sous-groupe, $hk\in H\cup K$.
Si $hk\in H$, alors $k=h^{-1}(hk)\in H$ car $H$ est un sous-groupe : contradiction.
Si $hk\in K$, alors $h=(hk)k^{-1}\in K$ : contradiction.
Donc $H\subset K$ ou $K\subset H$.
Si $G=H\cup K$ avec $H,K$ sous-groupes, alors $H\cup K$ est un sous-groupe (c'est $G$), donc par la question 1, $H\subset K$ ou $K\subset H$. Dans le premier cas $G=K$, dans le second $G=H$. L'un des deux est égal à $G$.
$\mathbb U_2=\{-1,1\}\subset\mathbb U_4$ car $(-1)^4=1$. Donc $\mathbb U_2\cup\mathbb U_4=\mathbb U_4$ est un sous-groupe.
$-1\in\mathbb U_2$ mais $(-1)^3=-1\neq1$, donc $\mathbb U_2\not\subset\mathbb U_3$. $j=e^{2i\pi/3}\in\mathbb U_3$ mais $j\notin\{-1,1\}$, donc $\mathbb U_3\not\subset\mathbb U_2$. Par la question 1, $\mathbb U_2\cup\mathbb U_3$ n'est pas un sous-groupe. Concrètement, $-j=e^{-i\pi/3}$ n'est ni dans $\mathbb U_2$ ni dans $\mathbb U_3$.
Résultat :
$H\cup K$ sous-groupe $\iff H\subset K$ ou $K\subset H$ ; $\mathbb U_2\cup\mathbb U_4$ oui, $\mathbb U_2\cup\mathbb U_3$ non
Exercice 9 · Endomorphismes de $(\mathbb Z,+)$
entrainement●●●
Utiliser $f(x^n)=f(x)^n$ pour un morphismeCalculer noyau et imageMontrer que deux groupes ne sont pas isomorphes
Soit $f$ un endomorphisme du groupe $(\mathbb Z,+)$ et $a=f(1)$. Montrer que $f(n)=an$ pour tout $n\in\mathbb Z$. Réciproquement, montrer que pour tout $a\in\mathbb Z$, $f_a:n\mapsto an$ est un endomorphisme de $(\mathbb Z,+)$.
Déterminer $\mathrm{Ker}\,f_a$ et $\mathrm{Im}\,f_a$. À quelle condition $f_a$ est-il injectif ? surjectif ?
Déterminer les automorphismes de $(\mathbb Z,+)$.
Montrer que les groupes $(\mathbb Z,+)$ et $(\mathbb Q,+)$ ne sont pas isomorphes.
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Exercice 12 · Éléments nilpotents d'un anneau
approfondissement●●●
Utiliser la factorisation de $1-a^n$Appliquer le binôme de Newton en vérifiant la commutationProduire un contre-exemple matriciel
Soit $A$ un anneau (non nécessairement commutatif). Un élément $a\in A$ est dit nilpotent s'il existe $n\in\mathbb N^*$ tel que $a^n=0$.
Soit $a$ nilpotent, avec $a^n=0$. Montrer que $1-a$ est inversible et donner son inverse. Montrer que $1+a$ est aussi inversible.
Soient $a,b$ nilpotents tels que $ab=ba$, avec $a^p=0$ et $b^q=0$. Montrer que $(a+b)^{p+q-1}=0$ et que $ab$ est nilpotent.
Soient $u\in A^\times$ et $a$ nilpotent tels que $au=ua$. Montrer que $u-a$ est inversible.
Dans $\mathcal M_2(\mathbb R)$, on pose $N=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}$ et $M=\begin{pmatrix}0&0\\1&0\end{pmatrix}$. Vérifier que $N$ et $M$ sont nilpotentes, calculer $(I_2-N)^{-1}$, et montrer que $N+M$ n'est pas nilpotente. Quelle hypothèse de la question 2 est en défaut ?
Soit $s=\sum_{k=0}^{n-1}a^k$. Par télescopage,
$$(1-a)s=\sum_{k=0}^{n-1}a^k-\sum_{k=0}^{n-1}a^{k+1}=1-a^n=1,\qquad s(1-a)=\sum_{k=0}^{n-1}a^k-\sum_{k=0}^{n-1}a^{k+1}=1-a^n=1.$$
Donc $1-a\in A^\times$ et $(1-a)^{-1}=1+a+\dots+a^{n-1}$. Comme $-a$ commute avec lui-même, $(-a)^n=(-1)^na^n=0$ : $-a$ est nilpotent, donc $1+a=1-(-a)$ est inversible, d'inverse $\sum_{k=0}^{n-1}(-1)^ka^k$.
Comme $ab=ba$, le binôme s'applique :
$$(a+b)^{p+q-1}=\sum_{k=0}^{p+q-1}\binom{p+q-1}{k}a^kb^{p+q-1-k}.$$
Si $k\geq p$, $a^k=a^pa^{k-p}=0$. Si $k\leq p-1$, alors $p+q-1-k\geq q$ et $b^{p+q-1-k}=0$. Tous les termes sont nuls : $(a+b)^{p+q-1}=0$. Par ailleurs, $a$ et $b$ commutant, $(ab)^p=a^pb^p=0$ : $ab$ est nilpotent.
En multipliant $au=ua$ à gauche et à droite par $u^{-1}$ : $u^{-1}(au)u^{-1}=u^{-1}(ua)u^{-1}$, soit $u^{-1}a=au^{-1}$. Donc $(u^{-1}a)^n=(u^{-1})^na^n=0$ : $u^{-1}a$ est nilpotent. Par la question 1, $1-u^{-1}a$ est inversible. Comme $u-a=u(1-u^{-1}a)$ est un produit de deux inversibles, il est inversible.
$N^2=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}=0$ et de même $M^2=0$. Par la question 1, $(I_2-N)^{-1}=I_2+N=\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix}$ ; vérification : $(I_2-N)(I_2+N)=I_2-N^2=I_2$.
$N+M=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}$ et $(N+M)^2=I_2$. Par récurrence, $(N+M)^k$ vaut $I_2$ si $k$ est pair et $N+M$ si $k$ est impair ; jamais la matrice nulle. $N+M$ n'est pas nilpotente. L'hypothèse en défaut est la commutation : $NM=\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\neq MN=\begin{pmatrix}0&0\\0&1\end{pmatrix}$.
Résultat :
$(1-a)^{-1}=\sum_{k=0}^{n-1}a^k$ ; $(a+b)^{p+q-1}=0$ si $ab=ba$ ; $(I_2-N)^{-1}=I_2+N$ ; $(N+M)^2=I_2$, non nilpotente car $NM\neq MN$
Exercice 13 · Sous-groupes de $(\mathbb R,+)$
approfondissement●●●
Manipuler une borne inférieureAdapter la preuve des sous-groupes de $\mathbb Z$Utiliser la densité
Soit $H$ un sous-groupe de $(\mathbb R,+)$ différent de $\{0\}$. On pose $H^+=H\cap\mathbb R_+^*$.
Justifier que $H^+$ admet une borne inférieure $\alpha\geq0$.
On suppose $\alpha>0$. Montrer que $\alpha\in H$, puis que $H=\alpha\mathbb Z$.
On suppose $\alpha=0$. Montrer que $H$ est dense dans $\mathbb R$ : tout intervalle $]a,b[$ avec $a<b$ contient un élément de $H$.
Montrer que $G=\mathbb Z+\sqrt2\,\mathbb Z=\{p+q\sqrt2,\ p,q\in\mathbb Z\}$ est dense dans $\mathbb R$.
Calculer $(\sqrt2-1)^8$ sous la forme $p+q\sqrt2$ et en déduire un élément explicite de $G$ dans $]0,10^{-3}[$.
$H\neq\{0\}$ contient un $x\neq0$, donc aussi $-x$ ; l'un des deux est strictement positif : $H^+\neq\varnothing$. $H^+$ est minorée par $0$, donc admet une borne inférieure $\alpha\geq0$.
Supposons $\alpha>0$ et, par l'absurde, $\alpha\notin H$. Comme $2\alpha>\alpha$, $2\alpha$ ne minore pas $H^+$ : il existe $x\in H^+$ avec $x<2\alpha$, et $x>\alpha$ car $x\geq\alpha$ et $\alpha\notin H$. De même, $x>\alpha$ ne minore pas $H^+$ : il existe $y\in H^+$ avec $\alpha<y<x$. Alors $x-y\in H$ et $0<x-y<2\alpha-\alpha=\alpha$ : on a un élément de $H^+$ strictement inférieur à $\alpha$, contradiction. Donc $\alpha\in H$.
Alors $\alpha\mathbb Z\subset H$ ($H$ est un sous-groupe contenant $\alpha$). Soit $x\in H$, $n=\lfloor x/\alpha\rfloor$ et $r=x-n\alpha$. On a $0\leq r<\alpha$ et $r\in H$. Si $r>0$, $r\in H^+$ et $r<\alpha$, contradiction. Donc $r=0$ et $x=n\alpha$. Ainsi $H=\alpha\mathbb Z$.
Supposons $\alpha=0$ et soient $a<b$. Comme $b-a>0=\inf H^+$, il existe $g\in H^+$ avec $g<b-a$. Posons $n=\lfloor a/g\rfloor+1$. Alors $\frac ag<n\leq\frac ag+1$, donc $a<ng\leq a+g<b$. Et $ng\in H$. $H$ est dense dans $\mathbb R$.
$G$ est un sous-groupe de $\mathbb R$ : $0=0+0\sqrt2$ et $(p+q\sqrt2)-(p'+q'\sqrt2)=(p-p')+(q-q')\sqrt2$. Il contient $1$, donc $G\neq\{0\}$. Si son $\alpha$ était $>0$, on aurait $G=\alpha\mathbb Z$, donc $1=m\alpha$ et $\sqrt2=k\alpha$ avec $m,k\in\mathbb Z$, $m\neq0$, d'où $\sqrt2=k/m\in\mathbb Q$ : absurde. Donc $\alpha=0$ et $G$ est dense par la question 3.
$(\sqrt2-1)^2=3-2\sqrt2$, $(\sqrt2-1)^4=(3-2\sqrt2)^2=17-12\sqrt2$, $(\sqrt2-1)^8=(17-12\sqrt2)^2=289+288-408\sqrt2=577-408\sqrt2\in G$. Ce nombre est strictement positif (puissance de $\sqrt2-1>0$) et, comme $(\sqrt2-1)(\sqrt2+1)=1$,
$$577-408\sqrt2=\frac{1}{(1+\sqrt2)^8}=\frac{1}{577+408\sqrt2}.$$
Or $577+408\sqrt2>577+408\times1{,}4=1148{,}2>1000$. Donc $0<577-408\sqrt2<10^{-3}$.
Résultat :
$H=\alpha\mathbb Z$ si $\alpha>0$, $H$ dense si $\alpha=0$ ; $\mathbb Z+\sqrt2\mathbb Z$ dense ; $(\sqrt2-1)^8=577-408\sqrt2\in]0,10^{-3}[$
Exercice 14 · Morphismes d'anneaux de $\mathbb R$ dans $\mathbb R$
approfondissement●●●
Exploiter la définition d'un morphisme d'anneauxUtiliser la densité de $\mathbb Q$ dans $\mathbb R$Déterminer des automorphismes de corps
Soit $f:\mathbb R\to\mathbb R$ un morphisme d'anneaux.
Montrer que $f(n)=n$ pour tout $n\in\mathbb Z$, puis que $f(r)=r$ pour tout $r\in\mathbb Q$.
Montrer que $f(x)\geq0$ pour tout $x\geq0$, puis que $f$ est croissante.
En déduire que $f=\mathrm{id}_{\mathbb R}$.
Déterminer les morphismes d'anneaux $g:\mathbb C\to\mathbb C$ tels que $g(x)=x$ pour tout $x\in\mathbb R$.
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Exercice 15 · Le groupe des transformations affines de $\mathbb R$ (type CCINP)
examen●●●
Montrer qu'un ensemble est un sous-groupe de $S(E)$Transporter une structure par une bijectionCalculer noyau, image, centre
On pose $G=\mathbb R^*\times\mathbb R$ et, pour $(a,b),(c,d)\in G$ :
$$(a,b)*(c,d)=(ac,\ ad+b).$$
Pour $(a,b)\in G$, on note $f_{a,b}:\mathbb R\to\mathbb R$, $x\mapsto ax+b$.
Montrer que $f_{a,b}\circ f_{c,d}=f_{(a,b)*(c,d)}$. En déduire que $f_{a,b}$ est bijective et préciser sa réciproque.
Montrer que $\mathcal A=\{f_{a,b},\ (a,b)\in G\}$ est un sous-groupe de $(S(\mathbb R),\circ)$.
Montrer que $\Phi:G\to\mathcal A$, $(a,b)\mapsto f_{a,b}$ est bijective. En déduire que $(G,*)$ est un groupe ; préciser son neutre et l'inverse de $(a,b)$.
Le groupe $G$ est-il abélien ?
Montrer que $\pi:G\to(\mathbb R^*,\times)$, $(a,b)\mapsto a$ est un morphisme de groupes. Déterminer son noyau $T$ et son image. Montrer que $T$ est isomorphe à $(\mathbb R,+)$.
Déterminer le centre $Z(G)=\{u\in G,\ \forall v\in G,\ u*v=v*u\}$.
Déterminer les $u\in G$ tels que $u*u=(1,0)$. Cet ensemble est-il un sous-groupe de $G$ ?
Pour $x\in\mathbb R$ : $f_{a,b}(f_{c,d}(x))=a(cx+d)+b=acx+(ad+b)$. Comme $ac\neq0$, $(ac,ad+b)\in G$ et $f_{a,b}\circ f_{c,d}=f_{(a,b)*(c,d)}$. De plus $(a,b)*(\frac1a,-\frac ba)=(1,-b+b)=(1,0)$ et $(\frac1a,-\frac ba)*(a,b)=(1,\frac ba-\frac ba)=(1,0)$, et $f_{1,0}=\mathrm{id}_{\mathbb R}$. Donc $f_{a,b}\circ f_{1/a,-b/a}=f_{1/a,-b/a}\circ f_{a,b}=\mathrm{id}_{\mathbb R}$ : $f_{a,b}$ est bijective, de réciproque $f_{1/a,-b/a}$.
Par 1, $\mathcal A\subset S(\mathbb R)$. $\mathrm{id}_{\mathbb R}=f_{1,0}\in\mathcal A$. Pour $f_{a,b},f_{c,d}\in\mathcal A$ :
$$f_{a,b}\circ f_{c,d}^{-1}=f_{a,b}\circ f_{1/c,-d/c}=f_{a/c,\ -ad/c+b}\in\mathcal A.$$
$\mathcal A$ est un sous-groupe de $S(\mathbb R)$.
$\Phi$ est surjective par définition de $\mathcal A$. Si $f_{a,b}=f_{c,d}$, l'évaluation en $0$ donne $b=d$, en $1$ donne $a+b=c+d$, donc $a=c$ : $\Phi$ est injective. La loi $*$ est interne sur $G$ ($ac\neq0$). Associativité : par 1,
$$\Phi((u*v)*w)=\Phi(u)\circ\Phi(v)\circ\Phi(w)=\Phi(u*(v*w)),$$
et $\Phi$ est injective. Neutre : $(1,0)*(c,d)=(c,d)$ et $(a,b)*(1,0)=(a,b)$. Inverse : par le calcul de 1, $(a,b)^{-1}=(\frac1a,-\frac ba)$. $(G,*)$ est un groupe, et $\Phi$ est un isomorphisme de $G$ sur $\mathcal A$.
$(2,0)*(1,1)=(2,2)$ et $(1,1)*(2,0)=(2,1)$ : $G$ n'est pas abélien.
$\pi((a,b)*(c,d))=ac=\pi(a,b)\pi(c,d)$ : c'est un morphisme. $\pi(a,b)=1\iff a=1$, donc $T=\mathrm{Ker}\,\pi=\{1\}\times\mathbb R$. Pour $a\in\mathbb R^*$, $a=\pi(a,0)$ : $\mathrm{Im}\,\pi=\mathbb R^*$. Soit $\theta:(\mathbb R,+)\to G$, $b\mapsto(1,b)$. On a $\theta(b)*\theta(d)=(1,d+b)=\theta(b+d)$ : c'est un morphisme, injectif car $\theta(b)=(1,0)\iff b=0$, d'image $T$. Donc $\theta$ est un isomorphisme de $(\mathbb R,+)$ sur $T$.
$(a,b)\in Z(G)$ si et seulement si pour tous $(c,d)\in G$, $(ac,ad+b)=(ca,cb+d)$, soit $ad+b=cb+d$. Avec $(c,d)=(2,0)$ : $b=2b$, donc $b=0$. Puis avec $(c,d)=(1,1)$ : $a=1$. Réciproquement $(1,0)$ est le neutre, qui commute avec tout. $Z(G)=\{(1,0)\}$.
$(a,b)*(a,b)=(a^2,ab+b)=(1,0)$ équivaut à $a^2=1$ et $(a+1)b=0$. Si $a=1$ : $b=0$. Si $a=-1$ : toute valeur de $b$ convient. L'ensemble cherché est $S=\{(1,0)\}\cup\{(-1,b),\ b\in\mathbb R\}$ : le neutre et les applications $x\mapsto-x+b$ (symétries de centre $b/2$). Ce n'est pas un sous-groupe : $(-1,0)*(-1,1)=(1,-1)\notin S$.
Résultat :
Neutre $(1,0)$, $(a,b)^{-1}=(1/a,-b/a)$ ; $G$ non abélien ; $\mathrm{Ker}\,\pi=\{1\}\times\mathbb R\simeq(\mathbb R,+)$, $\mathrm{Im}\,\pi=\mathbb R^*$ ; $Z(G)=\{(1,0)\}$ ; $u*u=(1,0)\iff u\in\{(1,0)\}\cup\{(-1,b),\ b\in\mathbb R\}$, pas un sous-groupe
Exercice 16 · Le groupe des inversibles de $\mathbb Z[\sqrt2]$ (type Mines-Ponts)
examen●●●
Déterminer les inversibles à l'aide d'une normeEncadrer un élément par des puissancesConstruire un isomorphisme de groupesRésoudre une équation diophantienne
On note $A=\mathbb Z[\sqrt2]=\{a+b\sqrt2,\ a,b\in\mathbb Z\}$, sous-anneau de $\mathbb R$, et $\omega=1+\sqrt2$.
Justifier que l'écriture $x=a+b\sqrt2$ est unique. On pose $\bar x=a-b\sqrt2$ et $N(x)=x\bar x=a^2-2b^2$. Montrer que $N(xy)=N(x)N(y)$ et que $x\in A^\times\iff N(x)\in\{-1,1\}$.
Vérifier que $\omega\in A^\times$. Soit $x\in A^\times$ avec $x>0$. Montrer qu'il existe un unique $n\in\mathbb Z$ tel que $\omega^n\leq x<\omega^{n+1}$.
Soit $y\in A^\times$ tel que $1\leq y<\omega$. Montrer que $y=1$.
En déduire que $A^\times=\{\varepsilon\omega^n,\ \varepsilon\in\{-1,1\},\ n\in\mathbb Z\}$.
Montrer que $\Psi:(\{-1,1\},\times)\times(\mathbb Z,+)\to(A^\times,\times)$, $(\varepsilon,n)\mapsto\varepsilon\omega^n$ est un isomorphisme de groupes.
Déterminer tous les couples $(a,b)\in(\mathbb N^*)^2$ tels que $a^2-2b^2=1$ et $b<100$.