La continuité est l'outil qui permet d'affirmer qu'une équation possède une solution sans savoir la calculer, puis d'encadrer cette solution aussi précisément que voulu. Elle sert aussi à déterminer la limite d'une suite définie par une relation de récurrence $u_{n+1}=f(u_n)$.
Exercice 1 · Continuité en un point de raccord
application●●●
Étudier la continuité en un pointFonctions définies par morceaux
Soit $f$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par
$$f(x)=\begin{cases} x^2-3 & \text{si } x\leqslant 2\\ 3x-5 & \text{si } x>2\end{cases}$$
La fonction $f$ est-elle continue en $2$ ?
Soit $g$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par $g(x)=\dfrac{x^2-4}{x-2}$ si $x\neq 2$, et $g(2)=3$. La fonction $g$ est-elle continue en $2$ ?
$x\mapsto x^2+1$ est un polynôme, continu sur $\mathbb{R}$, et la fonction exponentielle est continue sur $\mathbb{R}$. Par produit, $f$ est continue sur $\mathbb{R}$.
Posons $u(x)=4-x$. La fonction $u$ est un polynôme, continue sur $]-\infty\,;4]$. Pour $x\leqslant 4$, on a $4-x\geqslant 0$ : $u$ est à valeurs dans $[0\,;+\infty[$. La racine carrée est continue sur $[0\,;+\infty[$. Par composition, $g$ est continue sur $]-\infty\,;4]$.
Le numérateur $3x+1$ et le dénominateur $x^2+1$ sont des polynômes, continus sur $\mathbb{R}$. Pour tout réel $x$, $x^2+1\geqslant 1>0$ : le dénominateur ne s'annule pas. Par quotient, $h$ est continue sur $\mathbb{R}$.
La fonction exponentielle est continue sur $]1\,;+\infty[$ et $x\mapsto x-1$ est un polynôme, continu sur $]1\,;+\infty[$, qui ne s'annule pas sur cet intervalle (pour $x>1$, $x-1>0$). Par quotient, $k$ est continue sur $]1\,;+\infty[$.
Résultat :
Les quatre fonctions sont continues sur l'intervalle indiqué.
Exercice 3 · Limite de l'image d'une suite convergente
application●●●
Image d'une suite convergente par une fonction continueCalcul de limites de suites
Déterminer la limite de chacune des suites suivantes, définies pour $n\geqslant 1$.
Posons $u_n=\dfrac{2n+1}{n+3}$. Pour $n\geqslant 1$, $u_n=\dfrac{2+\frac1n}{1+\frac3n}$. Comme $\frac1n\to 0$ et $\frac3n\to 0$, on obtient $\lim u_n=\dfrac{2}{1}=2$.
La fonction exponentielle est continue en $2$. Donc $(v_n)=(\mathrm{e}^{u_n})$ converge vers $\mathrm{e}^2$.
Posons $u_n=9+\dfrac{1}{n+1}$. Comme $\dfrac{1}{n+1}\to 0$, $\lim u_n=9$. La racine carrée est continue en $9$, donc $(w_n)$ converge vers $\sqrt9=3$.
Posons $u_n=\dfrac{\pi n}{2n+1}=\dfrac{\pi}{2+\frac1n}$. Comme $\frac1n\to 0$, $\lim u_n=\dfrac{\pi}{2}$. La fonction cosinus est continue en $\dfrac{\pi}{2}$, donc $(t_n)$ converge vers $\cos\dfrac{\pi}{2}=0$.
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Exercice 6 · Raccord avec paramètre, continuité sans dérivabilité
entrainement●●●
Continuité d'une fonction définie par morceauxLien entre dérivabilité et continuité
Soit $a$ un réel et $f$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par
$$f(x)=\begin{cases} a\,\mathrm{e}^{x} & \text{si } x\leqslant 0\\ x^2+2x+3 & \text{si } x>0\end{cases}$$
Déterminer la valeur de $a$ pour laquelle $f$ est continue sur $\mathbb{R}$.
On prend cette valeur de $a$. Étudier la limite du taux d'accroissement $\dfrac{f(h)-f(0)}{h}$ quand $h$ tend vers $0$ par valeurs négatives, puis par valeurs positives. On rappelle que $\lim_{h\to 0}\dfrac{\mathrm{e}^h-1}{h}=1$.
La fonction $f$ est-elle dérivable en $0$ ? Quel résultat du cours ce exemple illustre-t-il ?
Hors de $0$. Sur $]-\infty\,;0[$, $f(x)=a\,\mathrm{e}^x$ : la fonction exponentielle multipliée par une constante est continue. Sur $]0\,;+\infty[$, $f$ coïncide avec un polynôme, donc elle y est continue.
En $0$. Le réel $0$ relève de la première expression : $f(0)=a\,\mathrm{e}^0=a$.
Limite à gauche : $\lim_{x\to 0^-}a\,\mathrm{e}^x=a\,\mathrm{e}^0=a$, par continuité de l'exponentielle en $0$.
Limite à droite : $\lim_{x\to 0^+}(x^2+2x+3)=3$.
$f$ est continue en $0$ si et seulement si $a=3$. Avec ce qui précède, $f$ est continue sur $\mathbb{R}$ si et seulement si $a=3$.
On prend $a=3$, donc $f(0)=3$.
Pour $h<0$ :
$$\frac{f(h)-f(0)}{h}=\frac{3\mathrm{e}^h-3}{h}=3\times\frac{\mathrm{e}^h-1}{h}.$$
Comme $\dfrac{\mathrm{e}^h-1}{h}\to 1$, ce taux tend vers $3$ quand $h\to 0^-$.
Pour $h>0$ :
$$\frac{f(h)-f(0)}{h}=\frac{h^2+2h+3-3}{h}=\frac{h(h+2)}{h}=h+2,$$
qui tend vers $2$ quand $h\to 0^+$.
Les limites à gauche et à droite du taux d'accroissement sont différentes ($3\neq 2$) : le taux n'a pas de limite en $0$, donc $f$ n'est pas dérivable en $0$. La courbe présente un point anguleux en $0$.
Cet exemple illustre que la réciproque du théorème « dérivable implique continue » est fausse : $f$ est continue en $0$ sans y être dérivable.
Résultat :
$a=3$ ; $f$ est continue mais non dérivable en $0$
Exercice 7 · Compter les solutions avec un tableau de variations
entrainement●●●
Dresser un tableau de variationsCompter les solutions d'une équation $f(x)=k$
Soit $f$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par $f(x)=x^3-6x^2+9x-2$.
Déterminer les limites de $f$ en $-\infty$ et en $+\infty$.
Étudier les variations de $f$ et dresser son tableau de variations complet.
Déterminer le nombre de solutions de l'équation $f(x)=0$.
Déterminer le nombre de solutions de l'équation $f(x)=3$.
Déterminer le nombre de solutions de l'équation $f(x)=2$. Vérifier que $x^3-6x^2+9x-4=(x-1)^2(x-4)$ et résoudre cette équation.
Pour $x\neq 0$, $f(x)=x^3\left(1-\dfrac6x+\dfrac{9}{x^2}-\dfrac{2}{x^3}\right)$ et la parenthèse tend vers $1$. Donc $\lim_{x\to-\infty}f(x)=-\infty$ et $\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\infty$.
$f$ est dérivable sur $\mathbb{R}$ et $f'(x)=3x^2-12x+9=3(x^2-4x+3)=3(x-1)(x-3)$. Ce trinôme est positif à l'extérieur des racines, négatif entre elles.
$f(1)=1-6+9-2=2$ et $f(3)=27-54+27-2=-2$.
$x$
$-\infty$
$1$
$3$
$+\infty$
$f'(x)$
$+$
$0$
$-$
$0$
$+$
$f(x)$
$-\infty$
$\nearrow$
$2$
$\searrow$
$-2$
$\nearrow$
$+\infty$
$f$ est un polynôme, donc continue sur $\mathbb{R}$.
Sur $]-\infty\,;1]$ : $f$ est continue, strictement croissante, de $-\infty$ à $2$, et $0\in\,]-\infty\,;2]$ : une unique solution.
Sur $[1\,;3]$ : $f$ est continue, strictement décroissante, de $2$ à $-2$, et $0\in[-2\,;2]$ : une unique solution.
Sur $[3\,;+\infty[$ : $f$ est continue, strictement croissante, de $-2$ à $+\infty$ : une unique solution.
Aucune de ces solutions n'est $1$ ou $3$ (car $f(1)=2$ et $f(3)=-2$), elles sont distinctes. L'équation $f(x)=0$ admet exactement trois solutions.
Sur $]-\infty\,;1]$, $f(x)\leqslant 2<3$ : aucune solution.
Sur $[1\,;3]$, $-2\leqslant f(x)\leqslant 2$ : aucune solution.
Sur $[3\,;+\infty[$ : $f$ continue, strictement croissante, de $-2$ à $+\infty$, et $3\in[-2\,;+\infty[$ : une unique solution.
L'équation $f(x)=3$ admet exactement une solution.
Sur $]-\infty\,;1]$ : $f$ est strictement croissante et $f(1)=2$, donc $f(x)<2$ pour $x<1$ ; la seule solution est $x=1$.
Sur $[1\,;3]$ : $f$ est strictement décroissante et $f(1)=2$, donc $f(x)<2$ pour $1<x\leqslant 3$ ; la seule solution est encore $x=1$, déjà comptée.
Sur $[3\,;+\infty[$ : une unique solution, comme à la question 4, et elle est différente de $1$.
L'équation $f(x)=2$ admet exactement deux solutions.
Exercice 8 · Limite d'une suite récurrente homographique
entrainement●●●
Raisonnement par récurrenceThéorème de convergence monotoneLimite d'une suite $u_{n+1}=f(u_n)$
On considère la fonction $f$ définie sur $[0\,;+\infty[$ par $f(x)=\dfrac{2x+3}{x+2}$, et la suite $(u_n)$ définie par $u_0=1$ et, pour tout $n\in\mathbb{N}$, $u_{n+1}=f(u_n)$.
Montrer que pour tout $x\geqslant 0$, $f(x)=2-\dfrac{1}{x+2}$. En déduire le sens de variation de $f$ sur $[0\,;+\infty[$.
Calculer $f(1)$ et $f(2)$.
Démontrer par récurrence que pour tout $n\in\mathbb{N}$, $1\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 2$.
En déduire que $(u_n)$ converge, puis déterminer sa limite.
Pour $x\geqslant 0$ : $2-\dfrac{1}{x+2}=\dfrac{2(x+2)-1}{x+2}=\dfrac{2x+3}{x+2}=f(x)$.
$f$ est dérivable sur $[0\,;+\infty[$ (fonction rationnelle dont le dénominateur ne s'annule pas) et $f'(x)=\dfrac{1}{(x+2)^2}>0$. Donc $f$ est strictement croissante sur $[0\,;+\infty[$.
$f(1)=\dfrac{5}{3}$ et $f(2)=\dfrac{7}{4}$.
Notons $P(n)$ la propriété : $1\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 2$.
Initialisation : $u_0=1$ et $u_1=f(1)=\dfrac53\approx 1{,}67$. On a bien $1\leqslant 1\leqslant \dfrac53\leqslant 2$ : $P(0)$ est vraie.
Hérédité : supposons $P(n)$ vraie pour un entier $n$. Comme $f$ est croissante sur $[1\,;2]$, on obtient $f(1)\leqslant f(u_n)\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(2)$, c'est-à-dire $\dfrac53\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant\dfrac74$. Or $1\leqslant\dfrac53$ et $\dfrac74\leqslant 2$, donc $1\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 2$ : $P(n+1)$ est vraie.
Conclusion : $P(n)$ est vraie pour tout $n\in\mathbb{N}$.
La suite $(u_n)$ est croissante et majorée par $2$ : d'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel $\ell$. En passant à la limite dans $1\leqslant u_n\leqslant 2$, on obtient $1\leqslant\ell\leqslant 2$.
$f$ est continue sur $[1\,;2]$ (fonction rationnelle, dénominateur $x+2\geqslant 3$), et $u_{n+1}=f(u_n)$. D'après le théorème du point fixe, $f(\ell)=\ell$ :
$$\frac{2\ell+3}{\ell+2}=\ell\iff 2\ell+3=\ell^2+2\ell\iff\ell^2=3\iff \ell=\sqrt3\ \text{ou}\ \ell=-\sqrt3.$$
(On a multiplié par $\ell+2\neq 0$.) Comme $\ell\geqslant 1$, on retient $\ell=\sqrt3\approx 1{,}732$, qui appartient bien à $[1\,;2]$.
Conclusion : $\lim_{n\to+\infty}u_n=\sqrt3$.
Résultat :
$\lim u_n=\sqrt{3}$
Exercice 9 · Dichotomie pour approcher racine de 2
entrainement●●●
Algorithme de dichotomieProgrammation en PythonNombre d'étapes de la dichotomie
On considère la fonction $g$ définie sur $[1\,;2]$ par $g(x)=x^2-2$ et le programme Python du cours :
def g(x):
return x**2 - 2
def dichotomie(f, a, b, e):
while b - a > e:
m = (a + b) / 2
if f(a) * f(m) <= 0:
b = m
else:
a = m
return a, b
Montrer que l'équation $g(x)=0$ admet une unique solution dans $[1\,;2]$. Quelle est cette solution ?
On exécute dichotomie(g, 1, 2, 0.1). Faire fonctionner le programme à la main en donnant, à chaque passage dans la boucle, la valeur de m, le signe de $g(m)$ et le nouvel intervalle. Quel couple est renvoyé ?
Combien de passages dans la boucle le programme effectue-t-il pour e = 0.01 ? Pour e = 10**-6 ?
Modifier la fonction dichotomie pour qu'elle renvoie aussi le nombre de passages effectués dans la boucle.
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Exercice 11 · Existence d'un point fixe
approfondissement●●●
Théorème des valeurs intermédiaires avec une fonction auxiliaireRaisonnement sur la monotonieEncadrer une solution
Soit $f$ une fonction continue sur $[0\,;1]$, à valeurs dans $[0\,;1]$ : pour tout $x\in[0\,;1]$, $0\leqslant f(x)\leqslant 1$. On pose, pour $x\in[0\,;1]$, $g(x)=f(x)-x$.
Montrer que $g(0)\geqslant 0$ et $g(1)\leqslant 0$. En déduire qu'il existe au moins un réel $c\in[0\,;1]$ tel que $f(c)=c$.
On suppose de plus que $f$ est décroissante sur $[0\,;1]$. Montrer que $g$ est strictement décroissante sur $[0\,;1]$, puis que le réel $c$ est unique.
Application. Montrer que l'équation $\cos x=x$ admet une unique solution $c$ dans $[0\,;1]$, puis en donner un encadrement d'amplitude $10^{-2}$ (calculatrice en radians).
Comme $f(0)\in[0\,;1]$, $g(0)=f(0)-0=f(0)\geqslant 0$. Comme $f(1)\leqslant 1$, $g(1)=f(1)-1\leqslant 0$.
$g$ est continue sur $[0\,;1]$, comme différence de la fonction continue $f$ et d'un polynôme. Le réel $0$ est compris entre $g(1)\leqslant 0$ et $g(0)\geqslant 0$. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins un réel $c\in[0\,;1]$ tel que $g(c)=0$, c'est-à-dire $f(c)=c$.
Soient $x<y$ dans $[0\,;1]$. Comme $f$ est décroissante, $f(x)\geqslant f(y)$. Par ailleurs $-x>-y$. En additionnant ces inégalités (dont l'une est stricte) : $f(x)-x>f(y)-y$, soit $g(x)>g(y)$. Donc $g$ est strictement décroissante sur $[0\,;1]$.
$g$ est continue, strictement décroissante sur $[0\,;1]$, et $0$ est compris entre $g(1)$ et $g(0)$. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $g(x)=0$ admet une unique solution : le réel $c$ est unique.
On applique ce qui précède avec $f=\cos$ sur $[0\,;1]$.
La fonction cosinus est continue sur $[0\,;1]$.
Elle est décroissante sur $[0\,;\pi]$, donc sur $[0\,;1]$ puisque $1<\pi$.
Pour $x\in[0\,;1]$, la décroissance donne $\cos 1\leqslant\cos x\leqslant\cos 0=1$. Or $\cos 1\approx 0{,}540>0$. Donc $\cos x\in[0\,;1]$.
Les hypothèses des questions 1 et 2 sont vérifiées : l'équation $\cos x=x$ admet une unique solution $c$ dans $[0\,;1]$.
Encadrement, avec $g(x)=\cos x-x$ : $g(0{,}73)\approx 0{,}7452-0{,}73\approx 0{,}015>0$ et $g(0{,}74)\approx 0{,}7385-0{,}74\approx -0{,}0015<0$. La fonction $g$ étant strictement décroissante et $g(c)=0$, on obtient $0{,}73<c<0{,}74$.
Résultat :
Unique solution $c$ de $\cos x=x$ dans $[0\,;1]$, avec $0{,}73<c<0{,}74$
Exercice 12 · Nombre de solutions selon un paramètre
approfondissement●●●
Étude de fonction et tableau de variationsCompter les solutions d'une équation à paramètreCroissances comparées
Soit $k$ un réel. On cherche le nombre de solutions réelles de l'équation $(E_k)$ : $\mathrm{e}^{x}=kx$.
Justifier que $0$ n'est jamais solution de $(E_k)$, puis que pour $x\neq 0$, $(E_k)$ équivaut à $\varphi(x)=k$, où $\varphi(x)=\dfrac{\mathrm{e}^x}{x}$.
Étudier les variations de $\varphi$ sur $]-\infty\,;0[$ et sur $]0\,;+\infty[$, avec les limites aux bornes. On rappelle que $\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^x}{x}=+\infty$.
Discuter, selon les valeurs de $k$, le nombre de solutions de $(E_k)$.
Pour $x=0$ : $\mathrm{e}^0=1$ et $k\times 0=0$, et $1\neq 0$. Donc $0$ n'est jamais solution. Pour $x\neq 0$, en divisant par $x$ : $\mathrm{e}^x=kx\iff\dfrac{\mathrm{e}^x}{x}=k\iff\varphi(x)=k$.
$\varphi$ est dérivable sur $]-\infty\,;0[$ et sur $]0\,;+\infty[$, et
$$\varphi'(x)=\frac{\mathrm{e}^x\times x-\mathrm{e}^x\times 1}{x^2}=\frac{\mathrm{e}^x(x-1)}{x^2}.$$
Comme $\mathrm{e}^x>0$ et $x^2>0$, $\varphi'(x)$ a le signe de $x-1$.
Limites :
en $-\infty$ : $\mathrm{e}^x\to 0$ et $\dfrac1x\to 0$, donc $\varphi(x)\to 0$ ;
en $0^-$ : $\mathrm{e}^x\to 1$ et $x\to 0$ avec $x<0$, donc $\varphi(x)\to-\infty$ ;
en $0^+$ : $\varphi(x)\to+\infty$ ;
en $+\infty$ : $\varphi(x)\to+\infty$ (croissances comparées).
De plus $\varphi(1)=\mathrm{e}$.
$x$
$-\infty$
$0$
$1$
$+\infty$
$\varphi'(x)$
$-$
$\|$
$-$
$0$
$+$
$\varphi(x)$
$0$
$\searrow$
$-\infty\ \|\ +\infty$
$\searrow$
$\mathrm{e}$
$\nearrow$
$+\infty$
$\varphi$ est continue sur chacun des intervalles $]-\infty\,;0[$, $]0\,;1]$ et $[1\,;+\infty[$ (dérivable) et strictement monotone sur chacun.
Sur $]-\infty\,;0[$ : $\varphi$ décroît strictement de $0$ (limite) à $-\infty$ ; elle prend une fois et une seule chaque valeur de $]-\infty\,;0[$, et aucune valeur positive ou nulle.
Sur $]0\,;1]$ : $\varphi$ décroît strictement de $+\infty$ (limite) à $\mathrm{e}$ ; elle prend une fois chaque valeur de $[\mathrm{e}\,;+\infty[$.
Sur $[1\,;+\infty[$ : $\varphi$ croît strictement de $\mathrm{e}$ à $+\infty$ ; elle prend une fois chaque valeur de $[\mathrm{e}\,;+\infty[$.
On en déduit :
si $k<0$ : une solution dans $]-\infty\,;0[$, aucune dans $]0\,;+\infty[$ (où $\varphi>0$) : une solution ;
si $0\leqslant k<\mathrm{e}$ : $\varphi(x)<0$ pour $x<0$ et $\varphi(x)\geqslant\mathrm{e}$ pour $x>0$ : aucune solution ;
si $k=\mathrm{e}$ : la valeur $\mathrm{e}$ n'est atteinte qu'en $x=1$ (minimum sur $]0\,;+\infty[$) : une solution, $x=1$ ;
si $k>\mathrm{e}$ : une solution dans $]0\,;1[$ et une dans $]1\,;+\infty[$ : deux solutions.
Les solutions de $(E_k)$ sont les abscisses des points d'intersection de la courbe de l'exponentielle et de la droite $y=kx$. Pour $k=\mathrm{e}$, il y a un seul point commun, d'abscisse $1$. La tangente à la courbe de l'exponentielle en $1$ a pour équation $y=\mathrm{e}(x-1)+\mathrm{e}=\mathrm{e}x$ : la droite $y=\mathrm{e}x$ est tangente à la courbe en ce point.
Résultat :
Aucune solution si $0\leqslant k<\mathrm{e}$ ; une solution si $k<0$ ou $k=\mathrm{e}$ ; deux solutions si $k>\mathrm{e}$
Exercice 13 · Suite définie par les solutions d'une équation
approfondissement●●●
Corollaire du théorème des valeurs intermédiairesMonotonie d'une suite définie implicitementRaisonnement par l'absurde et théorème des gendarmes
Pour tout entier $n\geqslant 1$, on considère la fonction $f_n$ définie sur $[0\,;1]$ par $f_n(x)=x^n+x-1$.
Montrer que l'équation $f_n(x)=0$ admet une unique solution dans $[0\,;1]$, notée $\alpha_n$, et que $0<\alpha_n<1$.
Calculer $\alpha_1$ et $\alpha_2$.
Montrer que $f_{n+1}(\alpha_n)=\alpha_n^{\,n}(\alpha_n-1)$. En déduire le signe de $f_{n+1}(\alpha_n)$, puis que $\alpha_n<\alpha_{n+1}$.
En déduire que la suite $(\alpha_n)$ converge vers un réel $\ell$ tel que $\dfrac12\leqslant\ell\leqslant 1$.
On suppose par l'absurde que $\ell<1$. Montrer que $0<\alpha_n^{\,n}\leqslant\ell^{\,n}$ pour tout $n\geqslant 1$, puis aboutir à une contradiction. Conclure.
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Exercice 14 · Sujet type bac : étude d'une fonction et de ses zéros
examen●●●
Limites et croissances comparéesCorollaire du théorème des valeurs intermédiairesSigne d'une fonctionAlgorithme de dichotomie
Exercice (5 points)
Soit $f$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par $f(x)=(2-x)\,\mathrm{e}^{x}-1$.
Partie A
a. Déterminer la limite de $f$ en $-\infty$. On rappelle que $\lim_{x\to-\infty}x\,\mathrm{e}^x=0$.
b. Déterminer la limite de $f$ en $+\infty$.
Montrer que pour tout réel $x$, $f'(x)=(1-x)\,\mathrm{e}^x$, puis dresser le tableau de variations complet de $f$.
Montrer que l'équation $f(x)=0$ admet exactement deux solutions dans $\mathbb{R}$, notées $\alpha$ et $\beta$, avec $\alpha<1<\beta$.
Vérifier que $-2<\alpha<-1$, puis donner un encadrement de $\alpha$ d'amplitude $10^{-1}$.
En déduire le signe de $f(x)$ selon les valeurs du réel $x$.
Résoudre dans $\mathbb{R}$ l'équation $f(x)=-1$. Ce résultat est-il cohérent avec le tableau de variations ?
Partie B
On souhaite encadrer $\beta$ à l'aide du programme Python suivant.
from math import exp
def f(x):
return (2 - x) * exp(x) - 1
def dichotomie(f, a, b, e):
while b - a > e:
m = (a + b) / 2
if f(a) * f(m) <= 0:
b = m
else:
a = m
return a, b
print(dichotomie(f, 1, 2, 0.001))
Justifier que $\beta$ est l'unique solution de $f(x)=0$ dans $[1\,;2]$.
Donner les valeurs de a et b après chacun des trois premiers passages dans la boucle. Les valeurs de $f$ seront arrondies à $10^{-2}$.
Combien de passages dans la boucle le programme effectue-t-il ? Quelle est la longueur de l'intervalle renvoyé ?
À l'aide de la calculatrice, donner un encadrement de $\beta$ d'amplitude $10^{-2}$.
a. Pour tout réel $x$, $(2-x)\mathrm{e}^x=2\mathrm{e}^x-x\,\mathrm{e}^x$. Or $\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^x=0$ et $\lim_{x\to-\infty}x\,\mathrm{e}^x=0$. Donc $\lim_{x\to-\infty}(2-x)\mathrm{e}^x=0$ et $\lim_{x\to-\infty}f(x)=-1$.
b. $\lim_{x\to+\infty}(2-x)=-\infty$ et $\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^x=+\infty$. Par produit, $\lim_{x\to+\infty}(2-x)\mathrm{e}^x=-\infty$, donc $\lim_{x\to+\infty}f(x)=-\infty$.
$f$ est dérivable sur $\mathbb{R}$. Avec $u(x)=2-x$ et $v(x)=\mathrm{e}^x$ : $u'(x)=-1$, $v'(x)=\mathrm{e}^x$, donc
$$f'(x)=-\mathrm{e}^x+(2-x)\mathrm{e}^x=(1-x)\,\mathrm{e}^x.$$
Comme $\mathrm{e}^x>0$, $f'(x)$ a le signe de $1-x$ : positif sur $]-\infty\,;1]$, négatif sur $[1\,;+\infty[$. De plus $f(1)=\mathrm{e}-1\approx 1{,}72$.
$x$
$-\infty$
$1$
$+\infty$
$f'(x)$
$+$
$0$
$-$
$f(x)$
$-1$
$\nearrow$
$\mathrm{e}-1$
$\searrow$
$-\infty$
$f$ est dérivable, donc continue sur $\mathbb{R}$.
Sur $]-\infty\,;1]$ : $f$ est continue et strictement croissante, de $-1$ (limite en $-\infty$) à $\mathrm{e}-1$. Le réel $0$ est compris entre $-1$ et $\mathrm{e}-1$ (strictement au-dessus de $-1$). D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ dans $]-\infty\,;1]$.
Sur $[1\,;+\infty[$ : $f$ est continue et strictement décroissante, de $\mathrm{e}-1$ à $-\infty$ ; $0$ est compris entre ces valeurs : une unique solution $\beta$ dans $[1\,;+\infty[$.
Comme $f(1)=\mathrm{e}-1\neq 0$, on a $\alpha<1<\beta$. L'équation $f(x)=0$ admet exactement deux solutions.
$f(-2)=4\mathrm{e}^{-2}-1\approx -0{,}46<0$ et $f(-1)=3\mathrm{e}^{-1}-1\approx 0{,}10>0$. Comme $f$ est strictement croissante sur $]-\infty\,;1]$ et $f(\alpha)=0$, on obtient $-2<\alpha<-1$.
À la calculatrice : $f(-1{,}2)=3{,}2\,\mathrm{e}^{-1{,}2}-1\approx -0{,}04<0$ et $f(-1{,}1)=3{,}1\,\mathrm{e}^{-1{,}1}-1\approx 0{,}03>0$. Donc $-1{,}2<\alpha<-1{,}1$.
Sur $]-\infty\,;\alpha[$ : $f$ strictement croissante, donc $f(x)<f(\alpha)=0$.
Sur $]\alpha\,;1]$ : $f(x)>f(\alpha)=0$.
Sur $[1\,;\beta[$ : $f$ strictement décroissante, donc $f(x)>f(\beta)=0$.
Sur $]\beta\,;+\infty[$ : $f(x)<f(\beta)=0$.
$x$
$-\infty$
$\alpha$
$\beta$
$+\infty$
$f(x)$
$-$
$0$
$+$
$0$
$-$
$f(x)=-1\iff(2-x)\mathrm{e}^x=0\iff 2-x=0$ (car $\mathrm{e}^x>0$) $\iff x=2$. L'unique solution est $x=2$.
Cohérence : sur $]-\infty\,;1]$, $f$ croît strictement à partir de la limite $-1$, qui n'est jamais atteinte, donc aucune solution ; sur $[1\,;+\infty[$, $f$ décroît strictement de $\mathrm{e}-1$ à $-\infty$ et prend la valeur $-1$ exactement une fois. On trouve bien une seule solution, située dans $[1\,;+\infty[$.
Partie B
$f(1)=\mathrm{e}-1>0$ et $f(2)=0\times\mathrm{e}^2-1=-1<0$ : $f(1)$ et $f(2)$ sont de signes contraires. Sur $[1\,;2]\subset[1\,;+\infty[$, $f$ est continue et strictement décroissante ; d'après la question A.3, la seule solution de $f(x)=0$ dans $[1\,;+\infty[$ est $\beta$, donc $\beta\in[1\,;2]$ et c'est l'unique solution dans cet intervalle.
Au départ $a=1$, $b=2$, avec $f(1)>0$.
Passage
$m$
$f(m)$
Signe de $f(a)f(m)$
$a$
$b$
1
$1{,}5$
$0{,}5\,\mathrm{e}^{1{,}5}-1\approx 1{,}24$
$+$
$1{,}5$
$2$
2
$1{,}75$
$0{,}25\,\mathrm{e}^{1{,}75}-1\approx 0{,}44$
$+$
$1{,}75$
$2$
3
$1{,}875$
$0{,}125\,\mathrm{e}^{1{,}875}-1\approx -0{,}18$
$-$
$1{,}75$
$1{,}875$
Après $n$ passages, l'intervalle a pour longueur $\dfrac{2-1}{2^n}=\dfrac{1}{2^n}$. La boucle s'arrête au premier $n$ tel que $\dfrac{1}{2^n}\leqslant 0{,}001$, soit $2^n\geqslant 1000$. Comme $2^9=512$ et $2^{10}=1024$, le programme effectue 10 passages. L'intervalle renvoyé a pour longueur $\dfrac{1}{1024}\approx 9{,}8\times 10^{-4}$.
$f(1{,}84)=0{,}16\,\mathrm{e}^{1{,}84}-1\approx 0{,}007>0$ et $f(1{,}85)=0{,}15\,\mathrm{e}^{1{,}85}-1\approx -0{,}046<0$. Comme $f$ est strictement décroissante sur $[1\,;+\infty[$ et $f(\beta)=0$, on obtient $1{,}84<\beta<1{,}85$, ce qui est cohérent avec l'intervalle $[1{,}75\,;1{,}875]$ obtenu à la question 2.
Résultat :
Deux solutions : $-1{,}2<\alpha<-1{,}1$ et $1{,}84<\beta<1{,}85$ ; $f(x)=-1\iff x=2$ ; 10 passages dans la boucle
Exercice 15 · Sujet type bac : suite récurrente et point fixe
examen●●●
Continuité d'une fonction rationnelleRaisonnement par récurrenceLimite d'une suite récurrenteSuites géométriques
Exercice (5 points)
On considère la fonction $f$ définie sur $[0\,;+\infty[$ par $f(x)=\dfrac{4x}{x+1}$, et la suite $(u_n)$ définie par $u_0=1$ et, pour tout $n\in\mathbb{N}$, $u_{n+1}=f(u_n)$.
Partie A : étude de $f$
Justifier que $f$ est continue sur $[0\,;+\infty[$.
Montrer que pour tout $x\geqslant 0$, $f(x)=4-\dfrac{4}{x+1}$. En déduire que $f$ est strictement croissante sur $[0\,;+\infty[$.
Résoudre dans $[0\,;+\infty[$ l'équation $f(x)=x$.
Partie B : convergence de $(u_n)$
Calculer $u_1$ et $u_2$.
Démontrer par récurrence que pour tout $n\in\mathbb{N}$, $1\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 3$.
En déduire que $(u_n)$ converge et déterminer sa limite.
Partie C : expression explicite
Pour tout $n\in\mathbb{N}$, on pose $v_n=\dfrac{u_n-3}{u_n}$.
Montrer que $(v_n)$ est une suite géométrique de raison $\dfrac14$ et préciser $v_0$.
En déduire que pour tout $n\in\mathbb{N}$, $u_n=\dfrac{3}{1+2\left(\frac14\right)^n}$.
Retrouver la limite de $(u_n)$.
Montrer que $3-u_n=\dfrac{6}{4^n+2}$, puis déterminer le plus petit entier $n$ tel que $3-u_n<10^{-3}$.