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Programme de Prépa, 1re année › Ensembles et applications
Prépa · MPSI / MP2I

Ensembles et applications

Ce chapitre fait partie du programme de Prépa, 1re année.

Ce chapitre fixe le langage dans lequel s'écrivent toutes les mathématiques de la prépa : parties d'un ensemble, applications, injectivité, surjectivité, relations. Il apprend aussi à rédiger les raisonnements les plus courants : double inclusion, recherche d'antécédents, vérification d'une relation d'équivalence ou d'ordre.

Prérequis

  • Logique : quantificateurs $\forall$ et $\exists$, connecteurs « et », « ou », « non », implication, équivalence, négation d'une phrase quantifiée
  • Raisonnements : direct, par contraposée, par l'absurde, par analyse-synthèse
  • Fonctions usuelles de Terminale : variations, résolution d'équations et d'inéquations
  • Divisibilité dans $\mathbb{Z}$ : définition de « $a$ divise $b$ »

À la fin du chapitre, on sait

  • Manipuler l'appartenance, l'inclusion, l'ensemble des parties et les opérations sur les parties
  • Démontrer une égalité d'ensembles par double inclusion
  • Calculer une image directe et une image réciproque, connaître leurs propriétés vis-à-vis de la réunion et de l'intersection
  • Démontrer qu'une application est injective, surjective, bijective, et déterminer sa bijection réciproque
  • Connaître les résultats sur la composition d'injections, de surjections, de bijections
  • Reconnaître une relation d'équivalence, décrire ses classes et savoir qu'elles forment une partition
  • Reconnaître une relation d'ordre et distinguer ordre total et ordre partiel

1.Ensembles, inclusion, ensemble des parties

Définition

Ensemble, élément

Un ensemble est une collection d'objets appelés ses éléments. On note $x \in E$ lorsque $x$ est un élément de $E$, et $x \notin E$ sinon.

  • L'ensemble vide, noté $\varnothing$, ne contient aucun élément.
  • Un ensemble peut être décrit en extension, en listant ses éléments : $\{1, 2, 3\}$.
  • Il peut être décrit en compréhension, par une propriété $P$ : $\{x \in E \mid P(x)\}$ est l'ensemble des éléments de $E$ qui vérifient $P$.
  • Un ensemble à un seul élément $\{a\}$ est un singleton.
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Définition

Inclusion, égalité

Soit $A$ et $E$ deux ensembles. On dit que $A$ est inclus dans $E$, ou que $A$ est une partie de $E$, et on note $A \subset E$, si tout élément de $A$ est élément de $E$ : $$A \subset E \iff \forall x,\ (x \in A \Rightarrow x \in E).$$ Deux ensembles sont égaux lorsqu'ils ont les mêmes éléments, c'est-à-dire : $$A = B \iff (A \subset B \text{ et } B \subset A).$$ Pour tout ensemble $E$, on a $\varnothing \subset E$ et $E \subset E$.

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Méthode

Montrer une inclusion, une égalité d'ensembles

Pour montrer $A \subset B$ :

  1. On écrit « Soit $x \in A$. »
  2. On traduit $x \in A$ par la propriété qui définit $A$.
  3. On en déduit que $x$ vérifie la propriété qui définit $B$.
  4. On conclut « donc $x \in B$, d'où $A \subset B$. »

Pour montrer $A = B$, on procède en général par double inclusion : on montre $A \subset B$, puis $B \subset A$. Lorsque chaque étape est une équivalence, on peut raisonner directement par équivalences : $x \in A \iff \dots \iff x \in B$.

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Exemple

Une double inclusion dans $\mathbb{Z}$

Montrons que $2\mathbb{Z} \cap 3\mathbb{Z} = 6\mathbb{Z}$, où $k\mathbb{Z} = \{kq \mid q \in \mathbb{Z}\}$.

Inclusion $6\mathbb{Z} \subset 2\mathbb{Z} \cap 3\mathbb{Z}$. Soit $n \in 6\mathbb{Z}$ : il existe $q \in \mathbb{Z}$ tel que $n = 6q$. Alors $n = 2(3q)$ avec $3q \in \mathbb{Z}$, donc $n \in 2\mathbb{Z}$, et $n = 3(2q)$, donc $n \in 3\mathbb{Z}$.

Inclusion $2\mathbb{Z} \cap 3\mathbb{Z} \subset 6\mathbb{Z}$. Soit $n \in 2\mathbb{Z} \cap 3\mathbb{Z}$ : il existe $a, b \in \mathbb{Z}$ tels que $n = 2a = 3b$. Alors $b = 3b - 2b = 2a - 2b = 2(a-b)$, donc $b$ est pair : $b = 2c$ avec $c \in \mathbb{Z}$. Ainsi $n = 3b = 6c$, donc $n \in 6\mathbb{Z}$.

Par double inclusion, $2\mathbb{Z} \cap 3\mathbb{Z} = 6\mathbb{Z}$.

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Définition

Ensemble des parties

Les parties d'un ensemble $E$ forment un ensemble, noté $\mathcal{P}(E)$ : $$A \in \mathcal{P}(E) \iff A \subset E.$$ Par exemple, si $E = \{a, b\}$, alors $\mathcal{P}(E) = \{\varnothing, \{a\}, \{b\}, \{a, b\}\}$. Pour tout $E$, $\varnothing \in \mathcal{P}(E)$ et $E \in \mathcal{P}(E)$ ; en particulier $\mathcal{P}(\varnothing) = \{\varnothing\}$ n'est pas vide.

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Remarque

Cardinal de $\mathcal{P}(E)$

Si $E$ est fini à $n$ éléments, $\mathcal{P}(E)$ possède $2^n$ éléments. Ce résultat est démontré dans le chapitre de dénombrement.

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Attention

Ne pas confondre $\in$ et $\subset$

Le symbole $\in$ relie un élément à un ensemble ; le symbole $\subset$ relie deux ensembles. Si $a \in E$ :

  • on écrit $a \in E$ et $\{a\} \subset E$ ;
  • on écrit $\{a\} \in \mathcal{P}(E)$ ;
  • l'écriture $a \subset E$ n'a en général pas de sens, et $\{a\} \in E$ est en général faux.
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2.Opérations sur les parties, produit cartésien

Définition

Réunion, intersection, différence, complémentaire

Soit $E$ un ensemble et $A, B \in \mathcal{P}(E)$.

  • Réunion : $A \cup B = \{x \in E \mid x \in A \text{ ou } x \in B\}$.
  • Intersection : $A \cap B = \{x \in E \mid x \in A \text{ et } x \in B\}$.
  • Différence : $A \setminus B = \{x \in E \mid x \in A \text{ et } x \notin B\}$.
  • Complémentaire de $A$ dans $E$ : $\overline{A} = E \setminus A = \{x \in E \mid x \notin A\}$.

On dit que $A$ et $B$ sont disjointes si $A \cap B = \varnothing$. Le « ou » est inclusif : un élément de $A \cap B$ appartient à $A \cup B$.

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Propriété

Règles de calcul

Pour $A, B, C \in \mathcal{P}(E)$ :

  • $\cup$ et $\cap$ sont commutatives et associatives ;
  • distributivité : $A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)$ et $A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C)$ ;
  • $\overline{\overline{A}} = A$ et $A \setminus B = A \cap \overline{B}$ ;
  • $A \subset B \iff \overline{B} \subset \overline{A}$ ;
  • lois de De Morgan : $$\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B}, \qquad \overline{A \cap B} = \overline{A} \cup \overline{B}.$$
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Démonstration

Lois de De Morgan et distributivité

Chaque opération sur les ensembles traduit un connecteur logique : $\cup$ pour « ou », $\cap$ pour « et », le complémentaire pour « non ». Soit $x \in E$. $$\begin{aligned} x \in \overline{A \cup B} &\iff \text{non}(x \in A \text{ ou } x \in B) \\ &\iff (x \notin A \text{ et } x \notin B) \\ &\iff (x \in \overline{A} \text{ et } x \in \overline{B}) \iff x \in \overline{A} \cap \overline{B}. \end{aligned}$$ Donc $\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B}$. En appliquant ce résultat à $\overline{A}$ et $\overline{B}$, on obtient $\overline{\overline{A} \cup \overline{B}} = A \cap B$, puis en passant au complémentaire $\overline{A} \cup \overline{B} = \overline{A \cap B}$.

Pour la distributivité, on utilise que « et » est distributif sur « ou » : $$\begin{aligned} x \in A \cap (B \cup C) &\iff x \in A \text{ et } (x \in B \text{ ou } x \in C) \\ &\iff (x \in A \text{ et } x \in B) \text{ ou } (x \in A \text{ et } x \in C) \\ &\iff x \in (A \cap B) \cup (A \cap C). \end{aligned}$$ La seconde formule se démontre de même, avec la distributivité de « ou » sur « et ».

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Définition

Réunion et intersection d'une famille de parties

Soit $I$ un ensemble et $(A_i)_{i \in I}$ une famille de parties de $E$. $$\bigcup_{i \in I} A_i = \{x \in E \mid \exists i \in I,\ x \in A_i\}, \qquad \bigcap_{i \in I} A_i = \{x \in E \mid \forall i \in I,\ x \in A_i\}.$$ Les lois de De Morgan restent vraies : $\overline{\bigcup_{i \in I} A_i} = \bigcap_{i \in I} \overline{A_i}$ et $\overline{\bigcap_{i \in I} A_i} = \bigcup_{i \in I} \overline{A_i}$ ; elles traduisent la négation d'un $\exists$ en $\forall$ et inversement.

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Exemple

Réunion et intersection d'une famille d'intervalles

Calcul de $\bigcup_{n \geq 1} \left[\frac{1}{n}, 1\right]$. Pour tout $n \geq 1$, $\left[\frac1n, 1\right] \subset \left]0, 1\right]$, donc la réunion est incluse dans $\left]0, 1\right]$. Réciproquement, soit $x \in \left]0, 1\right]$. Comme $\frac1n \to 0$, il existe $n \geq 1$ tel que $\frac1n \leq x$ (par exemple $n \geq \frac1x$). Alors $x \in \left[\frac1n, 1\right]$. Donc $\bigcup_{n \geq 1} \left[\frac{1}{n}, 1\right] = \left]0, 1\right]$.

Calcul de $\bigcap_{n \geq 1} \left]-\frac{1}{n}, \frac1n\right[$. Le réel $0$ appartient à chacun de ces intervalles. Soit $x \neq 0$ : il existe $n \geq 1$ tel que $\frac1n \leq |x|$, et alors $x \notin \left]-\frac1n, \frac1n\right[$. Donc l'intersection vaut $\{0\}$.

Une réunion de fermés n'est donc pas forcément fermée, et une intersection d'ouverts n'est pas forcément ouverte.

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Définition

Produit cartésien

Le produit cartésien de deux ensembles $E$ et $F$ est l'ensemble des couples : $$E \times F = \{(x, y) \mid x \in E,\ y \in F\}.$$ Deux couples sont égaux si et seulement si leurs composantes le sont : $(x, y) = (x', y') \iff (x = x' \text{ et } y = y')$.

Plus généralement, $E_1 \times \dots \times E_n$ est l'ensemble des $n$-uplets $(x_1, \dots, x_n)$ avec $x_k \in E_k$ pour tout $k$. On note $E^n = E \times \dots \times E$ ($n$ facteurs).

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Attention

Pièges du produit cartésien

  • En général $E \times F \neq F \times E$ : $(1, 2) \neq (2, 1)$. L'ordre des composantes compte, contrairement à la paire $\{1, 2\} = \{2, 1\}$.
  • Une partie de $E \times F$ n'est pas forcément un produit $A \times B$. Le disque $\{(x, y) \in \mathbb{R}^2 \mid x^2 + y^2 \leq 1\}$ n'en est pas un : sinon, contenant $(1, 0)$ et $(0, 1)$, il contiendrait $(1, 1)$.
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Définition

Recouvrement disjoint, partition

Une famille $(A_i)_{i \in I}$ de parties de $E$ est un recouvrement disjoint de $E$ si les $A_i$ sont deux à deux disjointes ($A_i \cap A_j = \varnothing$ pour $i \neq j$) et si $\bigcup_{i \in I} A_i = E$.

C'est une partition de $E$ si, de plus, chaque $A_i$ est non vide. Tout élément de $E$ appartient alors à une et une seule partie $A_i$.

Exemple : $\{2\mathbb{Z}, 2\mathbb{Z} + 1\}$ (entiers pairs, entiers impairs) est une partition de $\mathbb{Z}$.

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3.Applications, image directe, image réciproque

Définition

Application

Soit $E$ et $F$ deux ensembles. Une application $f$ de $E$ dans $F$ associe à chaque $x \in E$ un unique élément $f(x) \in F$, appelé image de $x$. On note $f : E \to F,\ x \mapsto f(x)$. L'ensemble $E$ est l'ensemble de départ, $F$ l'ensemble d'arrivée. Si $y = f(x)$, on dit que $x$ est un antécédent de $y$.

Le graphe de $f$ est $\Gamma_f = \{(x, f(x)) \mid x \in E\} \subset E \times F$. Formellement, une application est la donnée de $E$, $F$ et d'une partie $\Gamma$ de $E \times F$ telle que pour tout $x \in E$, il existe un unique $y \in F$ avec $(x, y) \in \Gamma$.

Deux applications $f, g$ sont égales si elles ont mêmes ensembles de départ et d'arrivée et si $f(x) = g(x)$ pour tout $x \in E$. L'ensemble des applications de $E$ dans $F$ est noté $F^E$ ou $\mathcal{F}(E, F)$.

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Définition

Exemples fondamentaux

  • L'identité de $E$ : $\mathrm{id}_E : E \to E,\ x \mapsto x$.
  • La fonction indicatrice d'une partie $A$ de $E$ : $\mathbf{1}_A : E \to \{0, 1\}$, avec $\mathbf{1}_A(x) = 1$ si $x \in A$ et $\mathbf{1}_A(x) = 0$ sinon.
  • La restriction de $f : E \to F$ à une partie $A$ de $E$ : $f_{|A} : A \to F,\ x \mapsto f(x)$.
  • Un prolongement de $f : A \to F$ à $E \supset A$ est une application $g : E \to F$ telle que $g_{|A} = f$.
  • Une famille $(x_i)_{i \in I}$ d'éléments de $E$ est une application de $I$ dans $E$, notée de façon indicielle. Une suite réelle est une famille indexée par $\mathbb{N}$.
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Exemple

Calcul avec les indicatrices

Pour $A, B \in \mathcal{P}(E)$ : $$\mathbf{1}_{A \cap B} = \mathbf{1}_A \mathbf{1}_B, \qquad \mathbf{1}_{\overline{A}} = 1 - \mathbf{1}_A, \qquad \mathbf{1}_{A \cup B} = \mathbf{1}_A + \mathbf{1}_B - \mathbf{1}_A \mathbf{1}_B.$$ On vérifie chaque égalité en tout $x \in E$, en distinguant les quatre cas selon que $x$ est ou non dans $A$, dans $B$. Par exemple, si $x \in A$ et $x \in B$ : $\mathbf{1}_{A \cup B}(x) = 1$ et $1 + 1 - 1 \times 1 = 1$. Si $x \in A$ et $x \notin B$ : $1 + 0 - 0 = 1$. Si $x$ n'est ni dans $A$ ni dans $B$ : $0 + 0 - 0 = 0$. Enfin $A = B \iff \mathbf{1}_A = \mathbf{1}_B$, ce qui permet de démontrer des égalités d'ensembles par le calcul.

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Définition

Composition

Soit $f : E \to F$ et $g : F \to G$. La composée de $f$ par $g$ est l'application $$g \circ f : E \to G,\quad x \mapsto g(f(x)).$$ On applique d'abord $f$, puis $g$. Pour que $g \circ f$ ait un sens, l'ensemble d'arrivée de $f$ doit être inclus dans l'ensemble de départ de $g$.

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Propriété

Associativité, élément neutre

Pour $f : E \to F$, $g : F \to G$, $h : G \to H$ : $$h \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f, \qquad f \circ \mathrm{id}_E = f = \mathrm{id}_F \circ f.$$ En effet, pour tout $x \in E$, les deux membres de la première égalité valent $h(g(f(x)))$.

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Attention

La composition n'est pas commutative

Avec $f, g : \mathbb{R} \to \mathbb{R}$, $f(x) = x + 1$ et $g(x) = x^2$ : $$(g \circ f)(x) = (x+1)^2, \qquad (f \circ g)(x) = x^2 + 1.$$ En $x = 1$, on obtient $4$ et $2$ : $g \circ f \neq f \circ g$.

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Définition

Image directe, image réciproque

Soit $f : E \to F$, $A \subset E$ et $B \subset F$.

  • L'image directe de $A$ par $f$ est la partie de $F$ $$f(A) = \{f(x) \mid x \in A\} = \{y \in F \mid \exists x \in A,\ y = f(x)\}.$$
  • L'image réciproque de $B$ par $f$ est la partie de $E$ $$f^{-1}(B) = \{x \in E \mid f(x) \in B\}.$$ L'ensemble $f(E)$ est l'image de $f$, noté aussi $\mathrm{Im}\, f$.

La notation $f^{-1}(B)$ a un sens pour toute application $f$, bijective ou non.

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Méthode

Calculer une image directe ou réciproque

  • Pour $f^{-1}(B)$ : on résout la condition $f(x) \in B$ d'inconnue $x \in E$. C'est une équation ou une inéquation.
  • Pour $f(A)$ : on cherche les $y \in F$ pour lesquels l'équation $f(x) = y$ admet au moins une solution $x \in A$. Pour une fonction réelle continue sur un intervalle, on peut aussi s'appuyer sur le tableau de variations et le théorème des valeurs intermédiaires.
  • Pour vérifier $y \in f(A)$, il faut exhiber un antécédent dans $A$ ; pour vérifier $x \in f^{-1}(B)$, il suffit de calculer $f(x)$.
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Exemple

Avec la fonction carré

Soit $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R},\ x \mapsto x^2$.

  • $f([-1, 2]) = [0, 4]$ : sur $[-1, 0]$, $f$ décroît de $1$ à $0$ ; sur $[0, 2]$, elle croît de $0$ à $4$. Tout $y \in [0, 4]$ a pour antécédent $\sqrt{y} \in [0, 2]$, et $f(x) \in [0, 4]$ pour $x \in [-1, 2]$.
  • $f^{-1}([1, 4]) = \{x \mid 1 \leq x^2 \leq 4\} = \{x \mid 1 \leq |x| \leq 2\} = [-2, -1] \cup [1, 2]$.
  • $f^{-1}([-3, -1]) = \varnothing$, car un carré n'est jamais strictement négatif.
  • $f^{-1}(f([0, 1])) = f^{-1}([0, 1]) = [-1, 1]$, qui contient strictement $[0, 1]$.
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Propriété

Image directe, image réciproque et opérations

Soit $f : E \to F$, $A, A' \subset E$ et $B, B' \subset F$. $$\begin{aligned} f(A \cup A') &= f(A) \cup f(A'), & f(A \cap A') &\subset f(A) \cap f(A'), \\ f^{-1}(B \cup B') &= f^{-1}(B) \cup f^{-1}(B'), & f^{-1}(B \cap B') &= f^{-1}(B) \cap f^{-1}(B'), \end{aligned}$$ $$f^{-1}(F \setminus B) = E \setminus f^{-1}(B), \qquad A \subset f^{-1}(f(A)), \qquad f(f^{-1}(B)) \subset B.$$ L'image réciproque est compatible avec toutes les opérations ; l'image directe ne l'est qu'avec la réunion.

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Démonstration

Démonstration de quelques points

$f(A \cap A') \subset f(A) \cap f(A')$. Soit $y \in f(A \cap A')$ : il existe $x \in A \cap A'$ tel que $y = f(x)$. Comme $x \in A$, $y \in f(A)$ ; comme $x \in A'$, $y \in f(A')$. Donc $y \in f(A) \cap f(A')$.

$f(A \cup A') = f(A) \cup f(A')$. On a $y \in f(A \cup A') \iff \exists x \in A \cup A',\ y = f(x) \iff (\exists x \in A,\ y = f(x)) \text{ ou } (\exists x \in A',\ y = f(x)) \iff y \in f(A) \cup f(A')$.

$f^{-1}(B \cap B') = f^{-1}(B) \cap f^{-1}(B')$. Pour $x \in E$ : $x \in f^{-1}(B \cap B') \iff f(x) \in B \cap B' \iff (f(x) \in B \text{ et } f(x) \in B') \iff x \in f^{-1}(B) \cap f^{-1}(B')$.

$A \subset f^{-1}(f(A))$. Soit $x \in A$. Alors $f(x) \in f(A)$, ce qui signifie exactement $x \in f^{-1}(f(A))$.

$f(f^{-1}(B)) \subset B$. Soit $y \in f(f^{-1}(B))$ : il existe $x \in f^{-1}(B)$ tel que $y = f(x)$. Or $x \in f^{-1}(B)$ signifie $f(x) \in B$. Donc $y \in B$.

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Exemple

L'inclusion $f(A \cap A') \subset f(A) \cap f(A')$ peut être stricte

Avec $f : x \mapsto x^2$ sur $\mathbb{R}$, $A = [-2, -1]$ et $A' = [1, 2]$ : $A \cap A' = \varnothing$, donc $f(A \cap A') = \varnothing$. Mais $f(A) = f(A') = [1, 4]$, donc $f(A) \cap f(A') = [1, 4]$.

Le défaut vient de ce que $f$ n'est pas injective : $-1$ et $1$ ont la même image. On montre que l'égalité a lieu pour toutes parties $A, A'$ si et seulement si $f$ est injective.

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4.Injections, surjections, bijections

Définition

Injection, surjection, bijection

Soit $f : E \to F$.

  • $f$ est injective si deux éléments distincts ont des images distinctes : $$\forall (x, x') \in E^2,\ f(x) = f(x') \Rightarrow x = x'.$$ Autrement dit, tout $y \in F$ a au plus un antécédent.
  • $f$ est surjective si tout élément de $F$ a au moins un antécédent : $$\forall y \in F,\ \exists x \in E,\ y = f(x).$$ Autrement dit, $f(E) = F$.
  • $f$ est bijective si elle est injective et surjective : tout $y \in F$ a exactement un antécédent.
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Méthode

Étudier l'injectivité, la surjectivité, la bijectivité

  1. Injectivité : on écrit « Soit $x, x' \in E$ tels que $f(x) = f(x')$ » et on montre $x = x'$.
  2. Non-injectivité : on exhibe $x \neq x'$ tels que $f(x) = f(x')$ (négation : $\exists (x, x') \in E^2,\ f(x) = f(x') \text{ et } x \neq x'$).
  3. Surjectivité : on écrit « Soit $y \in F$ » et on construit $x \in E$ tel que $f(x) = y$, souvent en résolvant l'équation au brouillon puis en vérifiant que la solution est bien dans $E$.
  4. Non-surjectivité : on exhibe un $y \in F$ sans antécédent.
  5. Bijectivité : on montre que pour tout $y \in F$, l'équation $f(x) = y$ d'inconnue $x \in E$ admet une unique solution. L'expression de cette solution en fonction de $y$ donne $f^{-1}(y)$.
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Exemple

Importance des ensembles de départ et d'arrivée

La même formule $x \mapsto x^2$ donne des applications de natures différentes :

Application injective surjective
$\mathbb{R} \to \mathbb{R}$ non : $f(-1) = f(1)$ non : $-1$ n'a pas d'antécédent
$\mathbb{R} \to \mathbb{R}_+$ non oui : $y = (\sqrt{y})^2$
$\mathbb{R}_+ \to \mathbb{R}$ oui non
$\mathbb{R}_+ \to \mathbb{R}_+$ oui oui

Pour $\mathbb{R}_+ \to \mathbb{R}$ : si $x, x' \geq 0$ et $x^2 = x'^2$, alors $(x - x')(x + x') = 0$ ; si $x + x' = 0$, alors $x = x' = 0$ ; sinon $x = x'$. Dans tous les cas $x = x'$.

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Exemple

Une bijection de $\mathbb{R}^2$ dans $\mathbb{R}^2$

Soit $f : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2,\ (x, y) \mapsto (x + y,\ x - y)$. Soit $(a, b) \in \mathbb{R}^2$. On résout $$\begin{cases} x + y = a \\ x - y = b \end{cases} \iff \begin{cases} x = \dfrac{a + b}{2} \\ y = \dfrac{a - b}{2} \end{cases}$$ (somme et différence des deux lignes, opérations réversibles). Le système a une unique solution pour tout $(a, b)$, donc $f$ est bijective et $$f^{-1}(a, b) = \left(\frac{a + b}{2},\ \frac{a - b}{2}\right).$$ Vérification : $f\left(\frac{a+b}{2}, \frac{a-b}{2}\right) = (a, b)$.

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Exemple

Injective sans être surjective, et inversement

Soit $g : \mathbb{N} \to \mathbb{N},\ n \mapsto 2n$ et $h : \mathbb{N} \to \mathbb{N},\ n \mapsto \left\lfloor \frac{n}{2} \right\rfloor$.

  • $g$ est injective : $2n = 2n' \Rightarrow n = n'$. Elle n'est pas surjective : $1$ est impair, donc n'a pas d'antécédent.
  • $h$ est surjective : pour $m \in \mathbb{N}$, $h(2m) = m$. Elle n'est pas injective : $h(0) = h(1) = 0$.
  • Pour tout $n$, $h(g(n)) = \lfloor n \rfloor = n$, donc $h \circ g = \mathrm{id}_{\mathbb{N}}$. En revanche $g(h(1)) = 0 \neq 1$, donc $g \circ h \neq \mathrm{id}_{\mathbb{N}}$.

Sur un ensemble infini, une injection de $E$ dans $E$ n'est donc pas forcément une bijection.

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Définition

Bijection réciproque

Si $f : E \to F$ est bijective, l'application qui à tout $y \in F$ associe son unique antécédent par $f$ est la bijection réciproque de $f$, notée $f^{-1} : F \to E$. Par construction : $$\forall x \in E,\ \forall y \in F,\quad y = f(x) \iff x = f^{-1}(y),$$ $$f^{-1} \circ f = \mathrm{id}_E, \qquad f \circ f^{-1} = \mathrm{id}_F.$$

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Théorème

Caractérisation des bijections

Soit $f : E \to F$. Alors $f$ est bijective si et seulement s'il existe une application $g : F \to E$ telle que $$g \circ f = \mathrm{id}_E \quad \text{et} \quad f \circ g = \mathrm{id}_F.$$ Dans ce cas, $g$ est unique et $g = f^{-1}$. En particulier, $f^{-1}$ est bijective et $(f^{-1})^{-1} = f$.

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Démonstration

Démonstration

Sens direct. Si $f$ est bijective, $g = f^{-1}$ convient d'après la définition de la bijection réciproque.

Réciproque. Supposons qu'un tel $g$ existe.

  • Injectivité : si $f(x) = f(x')$, alors $g(f(x)) = g(f(x'))$, c'est-à-dire $x = x'$ puisque $g \circ f = \mathrm{id}_E$.
  • Surjectivité : soit $y \in F$. Posons $x = g(y) \in E$. Alors $f(x) = f(g(y)) = y$ puisque $f \circ g = \mathrm{id}_F$.

Donc $f$ est bijective.

Unicité. Si $g$ convient, pour tout $y \in F$ : $g(y) = (f^{-1} \circ f)(g(y)) = f^{-1}((f \circ g)(y)) = f^{-1}(y)$. Donc $g = f^{-1}$.

Enfin, les deux égalités $f^{-1} \circ f = \mathrm{id}_E$ et $f \circ f^{-1} = \mathrm{id}_F$ montrent, en échangeant les rôles, que $f^{-1}$ est bijective de réciproque $f$.

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Propriété

Composition et injectivité, surjectivité, bijectivité

Soit $f : E \to F$ et $g : F \to G$.

  1. Si $f$ et $g$ sont injectives, $g \circ f$ est injective.
  2. Si $f$ et $g$ sont surjectives, $g \circ f$ est surjective.
  3. Si $f$ et $g$ sont bijectives, $g \circ f$ est bijective et $(g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}$.
  4. Si $g \circ f$ est injective, alors $f$ est injective.
  5. Si $g \circ f$ est surjective, alors $g$ est surjective.
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Démonstration

Démonstration

1. Soit $x, x' \in E$ tels que $g(f(x)) = g(f(x'))$. Comme $g$ est injective, $f(x) = f(x')$ ; comme $f$ est injective, $x = x'$.

2. Soit $z \in G$. Comme $g$ est surjective, il existe $y \in F$ tel que $z = g(y)$. Comme $f$ est surjective, il existe $x \in E$ tel que $y = f(x)$. Alors $z = g(f(x))$.

3. Par 1 et 2, $g \circ f$ est bijective. De plus, par associativité : $$(f^{-1} \circ g^{-1}) \circ (g \circ f) = f^{-1} \circ (g^{-1} \circ g) \circ f = f^{-1} \circ f = \mathrm{id}_E,$$ et de même $(g \circ f) \circ (f^{-1} \circ g^{-1}) = \mathrm{id}_G$. Par le théorème de caractérisation, $(g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}$.

4. Soit $x, x' \in E$ tels que $f(x) = f(x')$. Alors $g(f(x)) = g(f(x'))$, donc $x = x'$ par injectivité de $g \circ f$.

5. Soit $z \in G$. Il existe $x \in E$ tel que $z = g(f(x))$. Alors $y = f(x) \in F$ vérifie $g(y) = z$.

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Remarque

Application aux exemples $g$ et $h$

Avec $h \circ g = \mathrm{id}_{\mathbb{N}}$, qui est bijective, les points 4 et 5 redonnent : $g$ est injective et $h$ est surjective. Ils ne disent rien de plus, et en effet ni $g$ ni $h$ n'est bijective.

Une application $f : E \to E$ telle que $f \circ f = \mathrm{id}_E$ est appelée involution ; d'après le théorème, elle est bijective et $f^{-1} = f$. Exemple : $\mathcal{P}(E) \to \mathcal{P}(E),\ A \mapsto \overline{A}$.

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Attention

La notation $f^{-1}$

  • $f^{-1}(B)$ (image réciproque d'une partie) existe pour toute application $f$.
  • $f^{-1}(y)$ (image d'un élément par la bijection réciproque) n'a de sens que si $f$ est bijective.

Lorsque $f$ est bijective, les deux lectures de $f^{-1}(B)$ coïncident : pour $x \in E$, $f(x) \in B \iff x = f^{-1}(y)$ pour un $y \in B$. L'image réciproque de $B$ par $f$ est donc l'image directe de $B$ par $f^{-1}$, et la notation n'est pas ambiguë. Pour $f$ non bijective, on n'écrit jamais $f^{-1}(y)$ ; on écrit $f^{-1}(\{y\})$, ensemble des antécédents de $y$.

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5.Relations d'équivalence

Définition

Relation binaire

Une relation binaire $\mathcal{R}$ sur un ensemble $E$ est la donnée d'une partie $G$ de $E \times E$. On note $x \,\mathcal{R}\, y$ lorsque $(x, y) \in G$. Une relation binaire peut être :

  • réflexive : $\forall x \in E,\ x \,\mathcal{R}\, x$ ;
  • symétrique : $\forall (x, y) \in E^2,\ x \,\mathcal{R}\, y \Rightarrow y \,\mathcal{R}\, x$ ;
  • antisymétrique : $\forall (x, y) \in E^2,\ (x \,\mathcal{R}\, y \text{ et } y \,\mathcal{R}\, x) \Rightarrow x = y$ ;
  • transitive : $\forall (x, y, z) \in E^3,\ (x \,\mathcal{R}\, y \text{ et } y \,\mathcal{R}\, z) \Rightarrow x \,\mathcal{R}\, z$.
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Définition

Relation d'équivalence

Une relation d'équivalence sur $E$ est une relation binaire réflexive, symétrique et transitive. On la note souvent $\sim$.

Pour $x \in E$, la classe d'équivalence de $x$ est $$\overline{x} = \{y \in E \mid x \sim y\}.$$ Tout élément d'une classe en est un représentant.

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Méthode

Montrer qu'une relation est une relation d'équivalence

On vérifie les trois propriétés séparément, chacune avec des éléments quelconques.

  1. Réflexivité : « Soit $x \in E$ », montrer $x \sim x$.
  2. Symétrie : « Soit $x, y \in E$ tels que $x \sim y$ », montrer $y \sim x$.
  3. Transitivité : « Soit $x, y, z \in E$ tels que $x \sim y$ et $y \sim z$ », montrer $x \sim z$.

Pour décrire les classes, on fixe $x$ et on résout la condition $x \sim y$ d'inconnue $y$.

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Exemple

Congruence modulo $n$

Soit $n \in \mathbb{N}^*$. Sur $\mathbb{Z}$, on pose $a \equiv b \ [n]$ si $n$ divise $b - a$, c'est-à-dire s'il existe $k \in \mathbb{Z}$ tel que $b - a = kn$.

  • Réflexivité : $a - a = 0 = 0 \cdot n$.
  • Symétrie : si $b - a = kn$, alors $a - b = (-k)n$.
  • Transitivité : si $b - a = kn$ et $c - b = \ell n$, alors $c - a = (k + \ell) n$.

C'est une relation d'équivalence. Pour $n = 3$, il y a trois classes : $$\overline{0} = 3\mathbb{Z}, \quad \overline{1} = \{3k + 1 \mid k \in \mathbb{Z}\}, \quad \overline{2} = \{3k + 2 \mid k \in \mathbb{Z}\}.$$ Par division euclidienne, tout entier a pour reste $0$, $1$ ou $2$ dans la division par $3$, et appartient à une seule de ces classes. On a par exemple $\overline{4} = \overline{1} = \overline{-2}$.

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Exemple

Relation associée à une application

Soit $f : E \to F$. La relation $x \sim y \iff f(x) = f(y)$ est une relation d'équivalence sur $E$, car l'égalité dans $F$ est réflexive, symétrique et transitive. La classe de $x$ est $f^{-1}(\{f(x)\})$, ensemble des éléments qui ont la même image que $x$.

Pour $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R},\ x \mapsto x^2$, on a $x \sim y \iff x^2 = y^2 \iff y = x \text{ ou } y = -x$, donc $\overline{x} = \{x, -x\}$. La classe de $0$ est le singleton $\{0\}$, les autres ont deux éléments.

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Théorème

Les classes d'équivalence forment une partition

Soit $\sim$ une relation d'équivalence sur $E$.

  1. Pour $x, y \in E$ : $x \sim y \iff \overline{x} = \overline{y}$.
  2. Deux classes sont soit égales, soit disjointes.
  3. L'ensemble des classes d'équivalence est une partition de $E$.
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Démonstration

Démonstration

1. Si $\overline{x} = \overline{y}$ : par réflexivité $y \in \overline{y} = \overline{x}$, donc $x \sim y$. Supposons $x \sim y$. Soit $z \in \overline{y}$, c'est-à-dire $y \sim z$. Par transitivité, $x \sim z$, donc $z \in \overline{x}$. Ainsi $\overline{y} \subset \overline{x}$. Par symétrie, $y \sim x$, et le même raisonnement donne $\overline{x} \subset \overline{y}$. Donc $\overline{x} = \overline{y}$.

2. Supposons $\overline{x} \cap \overline{y} \neq \varnothing$ et soit $z$ dans cette intersection : $x \sim z$ et $y \sim z$. Par symétrie $z \sim y$, puis par transitivité $x \sim y$. Par le point 1, $\overline{x} = \overline{y}$.

3. Chaque classe est non vide car $x \in \overline{x}$ (réflexivité). Tout $x \in E$ appartient à la classe $\overline{x}$, donc la réunion des classes est $E$. Enfin, deux classes distinctes sont disjointes par le point 2. C'est la définition d'une partition.

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Remarque

Réciproque et ensemble quotient

Inversement, une partition $(A_i)_{i \in I}$ de $E$ définit une relation d'équivalence : $x \sim y$ si $x$ et $y$ appartiennent à la même partie $A_i$. Ses classes sont exactement les $A_i$.

L'ensemble des classes d'équivalence, appelé ensemble quotient et noté $E/\!\sim$, n'est pas un objet exigible en première année ; il sera rencontré par exemple avec $\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}$.

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6.Relations d'ordre

Définition

Relation d'ordre, ordre total, ordre partiel

Une relation d'ordre sur $E$ est une relation binaire réflexive, antisymétrique et transitive. On la note souvent $\preccurlyeq$ et on dit que $(E, \preccurlyeq)$ est un ensemble ordonné.

Deux éléments $x, y$ sont comparables si $x \preccurlyeq y$ ou $y \preccurlyeq x$. L'ordre est total si deux éléments quelconques de $E$ sont toujours comparables ; sinon il est partiel.

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Exemple

Exemples de référence

  • $\leq$ sur $\mathbb{R}$ (ou $\mathbb{N}, \mathbb{Z}, \mathbb{Q}$) est un ordre total.
  • L'inclusion $\subset$ sur $\mathcal{P}(E)$ est une relation d'ordre : réflexive ($A \subset A$), antisymétrique (c'est la double inclusion), transitive. Si $E$ contient deux éléments distincts $a$ et $b$, l'ordre est partiel : ni $\{a\} \subset \{b\}$, ni $\{b\} \subset \{a\}$.
  • La divisibilité $|$ sur $\mathbb{N}$ est un ordre partiel : $2$ et $3$ ne sont pas comparables.
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Démonstration

La divisibilité est une relation d'ordre sur $\mathbb{N}$

Rappel : $a \mid b$ s'il existe $k \in \mathbb{Z}$ tel que $b = ka$.

  • Réflexivité : $a = 1 \cdot a$.
  • Transitivité : si $b = ka$ et $c = \ell b$, alors $c = (\ell k) a$.
  • Antisymétrie : soit $a, b \in \mathbb{N}$ avec $b = ka$ et $a = k'b$, où $k, k' \in \mathbb{Z}$. Si $a = 0$, alors $b = k \cdot 0 = 0 = a$. Sinon $a > 0$, et $a = k'b$ impose $b \neq 0$, donc $b > 0$. Alors $a = k'ka$ donne $kk' = 1$. Comme $a, b > 0$, la relation $b = ka$ impose $k > 0$, et de même $k' > 0$. Deux entiers strictement positifs de produit $1$ valent $1$, donc $k = 1$ et $b = a$.
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Attention

Antisymétrique ne veut pas dire non symétrique

Sur $\mathbb{Z}$, la divisibilité n'est pas antisymétrique : $2 \mid -2$ et $-2 \mid 2$, mais $2 \neq -2$. Ce n'est donc pas une relation d'ordre sur $\mathbb{Z}$.

L'antisymétrie n'est pas la négation de la symétrie : l'égalité sur $E$ est à la fois symétrique et antisymétrique. De même, la relation stricte $<$ n'est pas une relation d'ordre au sens du programme, car elle n'est pas réflexive.

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Définition

Majorant, plus grand élément

Soit $(E, \preccurlyeq)$ un ensemble ordonné et $A \subset E$.

  • $M \in E$ est un majorant de $A$ si $\forall a \in A,\ a \preccurlyeq M$.
  • $M$ est le plus grand élément de $A$ si $M$ est un majorant de $A$ et $M \in A$.

On définit de même minorant et plus petit élément. Ces notions sont reprises en détail pour $(\mathbb{R}, \leq)$ dans le chapitre sur les nombres réels.

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Propriété

Unicité du plus grand élément

Si une partie $A$ admet un plus grand élément, celui-ci est unique.

Démonstration. Soit $M$ et $M'$ deux plus grands éléments de $A$. Comme $M' \in A$ et $M$ majore $A$, $M' \preccurlyeq M$. Symétriquement, $M \preccurlyeq M'$. Par antisymétrie, $M = M'$.

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Exemple

Majorant sans plus grand élément

  • Dans $(\mathcal{P}(E), \subset)$ avec $a \neq b$ dans $E$, la partie $A = \{\{a\}, \{b\}\}$ admet $\{a, b\}$ pour majorant, mais n'a pas de plus grand élément : aucun de ses deux éléments ne contient l'autre.
  • Dans $(\mathbb{N}, |)$, les majorants de $\{4, 6\}$ sont les multiples communs de $4$ et $6$, c'est-à-dire les multiples de $12$. Aucun n'appartient à $\{4, 6\}$, donc pas de plus grand élément ; en revanche $12$ est le plus petit des majorants.
  • Dans $(\mathbb{R}, \leq)$, $[0, 1[$ est majoré par $1$ mais n'a pas de plus grand élément.
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